Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

42 HISTOIRE SOCIALISTE merci de leur; anciens alliés du parti rétrograde q11i se scrl contre tout le parti ré1iublicain, les modérés compris, des forces que ceux-ci lui onl aveuglément - je ne parle que ••e ceux qui sonl sincères - permis d"acquérir. c·est ainsi, el nous aurons l'occasion de le vérifter, qn'on fraye la roule au royali,me ou au césarisme. Contrairement à la thèse favorite des modérés, qui s'explique par l'espoir. en accusant les aulres, de détourner d'eux-mêmes les ~oupçons, la réussite d'un coup d'Etat a tonjour été précédée d"une période où les modérés, maitres du pouvoir, ont plus ou moins usé de faiblesse en faveur des réactionnaires et de ri~ueur contre le; républicains av.1ncés ; c·est-à-dire que le plus précieux auxiliaire des fauteurs de coups d'Etat reste l'inconscience infatuée el é~Oï5te des mo•lérés. Selon la règle, l'accroissement du parti modéré .. dû au supplément des voix girondines, allail amplifier el précipiter le mouvement de réaction. A peine réinstallés, le 27 frimaire ( li décembre), les Girondins es,;ay~renl d'obtenir le rappel des 22 d'entre eu, déclarois trafüPS à la patrie ou déaétés d'accusation les 28 juillet el 3 octobre iî93: Andrei, Bergoeing, Bonet (Uaule_ Loire), Dres,on (Yosges), Chnssel, D,•fermon, Delahaye, Doulcel de Pontécoulant, Duval (Seine Infériei:re), Gamon, Hardy, Isnard, Kervélégan. Lanjuinais, Henry L,1rivière, Le,a!!e (Rure-et-Loir). Louvel, !.leillan, Mollevaut, nouyer, s,vary, Yallée. Peur ceux-ci il n'y avail pas d'excuse; ils avaient pou5sé à la guerre cil ile alors que la France était envahie; plusieurs, de dépit, élaienl devenu, royalisles. La Convention n'osa pas encore les admetlre · à siéger, mais accorda qu'ils pouvaient renlrer sans être inquiét<'s. DlU1, leur rage de contre-révolu lion, les modérés s'en prirent aux vivants el aui morls. Les pamphlétaires de leur Lord, à défaut do Carrier, altaquairnl Barère, Billaud-Yarenne, Collot d'Herbois, anciens membres du comité de salul public; ils commençaient, d'autre part, à attaquer Marat, élaLoraul aussi, suivant le mot de D,,b•uf, une• contre-révolution dans les réputations». C'est dans sou ,.• 28 daté du 28 frimaire (i8 décembre) qu'il s·e,primail ainsi. Arrêté, on l'a vu par la communication de Merlin (de Thio111ille) du 5 I.Jrumaire (26 ocLabre), il était IJientôl relâché puisque, le i2 brucuairP (2 novembre), il parlait de nouveau devant le• club ci-devant électoral» (Un manifeste de Gracchus Babeuf, pnr Georges Lecocq). li proposait à ce club que les rigueurs successivement déployées contre lui avaient atTaibli, un gr.in 1 nombre de membNs n'o,anl plus assister au< séances, de se lran~rormer, sous le litre de « club du peuple •• en sociélé u'ayaul ni bureau permanent, ni registres, ni procès-verbat1-,, recevanl rnns au.cunc formalité et sur le même pied toutes les personnes des deux se,es qui se prés~nlera.ient. Dans le même n• 28 cl u Tribun du Peu.Jle, Babeuf dénooçail la réaction qui s'opérait; • tous les corromJus de la vieille cour, di~ait-il, vool par trop vile dans leu1· ré.urreclion. », el il ajoulail : • Quand j'ai, un des ptemiel'd, tonné avec v~hémence pour faire crouler l'échafaudage monslrue,u du ~ys-

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