HISTOII\E SOCJALISTJ!: 137 qui, gêné avant Thermidor, allait maintenant se développer sans entraves. Dans la Convention, écrivait-il, • je dislinguc deux partis diamétralement opposés ... Je crois assez que tous dem veulent la République; mais chacun la veut à rn manière. L'un la désire bourgeoise et aristocratique; l'autre entend l'avoir faite et qu'elle demeure toute po1>ulaire et démocralique; ... le premier parti veut dans la République le patriciat et la plèbe ... le second parti veut pour tous non seulement l'égalité de droit, !'égalité dan$ les livres. mais encore l'honnête aisance, la sufûsance !<'gaiement garantie de tous les hesoins physiques, de tous les avantages sociaux, en rétribulion juste el in1lispe"nsable de la part de I rav li! que chacun vient fournir à la tùche com1nune )). Entre parenthèses, B11b•ufpubliail à la même époque que son n°20- cela ne pouvait être guère plus lard, puisque c'était une brochure craclualilé; ni plus lôl, puisque dans sa brochure (p. i&;J) il mentionne un décret du 28 frj. maire an III (18 décembre 1791) - sous le litre Du système de dépopulation ou la vie et les crimes de Carrier, une très violente attaque contre le sy,tème de la Terreur, l'effusion de sang, la dictature révolutionnaire. faisant preuve d'une pitié louable et d'une crédulité fâcheuse, il blâmait, avec quelque e,cès et beaucoup d'illusions, tout ce qui avait été fait, avant le O thermidor, en Yendée. Mais, ce qui est plus intéressant, on trouve dans celte brochUl'e une longue note où, de même que dans le n• 20 du Tribun du Peuple, le sociali,me lei qu'il me semble devoir être déllni {chap. 1"), surgit pour la première Ibis sans qu'il puisse y avoir doute. « Le sol d'un Etat, disait Babeuf (p. 32 et 33), doit ,,ssurcr l'existence à tous les membres de cet Eial ... Quand, dans un Etat, la mi11orit~ des sociétaires - (j',,ppelle l'attention sur l'emploi de ce mot que reprendra Fourier) - est parvenue à accaparer dans ses mains les richesses foncières et industrielles et qu'à ce moyen elle lient sous sa verge, et use du pouvoir qu'elle a de faire languir dans le besoin, la majorité, on doit reconnaitre que cet envahissement n'a pu se faire qu'à l'abri des mauvaises institutions du gouvernement »; el alors, il faut arriver • par des institutions qu'il soit impossible d'enfreindre à poser des bornes ~ûres à la cupidité el à l'ambition, à affecter tous les bras au travail, mais à garantir, moyennant cc travail, le nécessaire à tous, l'éducation égale et l'indépendance de tout citoyen d'un autre; à garantir de même le nécessaire, sans travail, à l'enfance, à la faiblesse, à lïnllrmité et à la vieillesse •· Dans le n• 2û de son journal, conscient de l'importance fondamentale de la question économique, après avoir demandé les mêmes choses, il conclut : « Au fond voilil où so réduit en principe Loule la politique, c'est de garantir à tous les gouvernés la sulOsance de leurs besoins •· Tels sont les deux documents qui me font fixer tout au début de 1705 l'explicite apparition du socialisme en France : c'est le même esprit que dans la lettre ùe 1701 (fin du chap. I"), mais avec la
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