JI lSTO tnE SOC! ALIST E Il! Le 10 juin, l'escadre anglaise de sir John Warren mcllüit à la voile escortant une première armée de 4 000 émigr6s a,·ec 80 c1nons, 80000 fusils, des vètemcnls pour 60000 hommes, des approvisionnements de toute espèce et des «tonnes• de !aux a~signats (Chassin, ibid., p. ;;rn). Le général en chef choisi par le cabinet anglais était Puisaye; mais le comte d"Artois dont la pré;ence était toujours promise, lui avait fait adjoindre avec des pou voir, é:gau, le comte d·Hervilly quïl savait complaisant à sa pusillanimité. La flotte de Yillaret-Joyeuse qui, venant de se réunir à celle du contre-amiral VencP, avait. le 20 prairial {iï juin), laissé échapper l"escadre du vice-amiral anglais Cornwallis non loin de lïle de Groix, pir snile de la désobéissance aux signaux de certains équipages cl de la mollesse de Vill~ret, se trouva éloignée de la côte par un coup de vent el rencontra rescadre et le convoi de ·warrrn. noyaliste et secondé par des officiers royalistes plus disposés à trahir le;,r p·•~• qu·à Je sauver, Villaret ne se hilla pas de vroGter de celle occasion. vYarren cul le temps d"envoyer prérenir la grande escadre de Bridporl qui croisait au large et, lorsque le combat s'cn.;agea le;-; messidor (23 juin). la flotte française était en état d'infériorité; le dé.astre fut encore accru par une insubordination 1>ersistante sur laquene le gouverne,nenl n·osa pas faire une enquête sérieuse, inaugurant pour les états-m~jors un système de platitude cl dïrnpunité de nature à ne les rendre dangereux que pour leur pays. Villaret se réfugia à Lorient après avoir perdu le Formidable, le Tig,·e el L\lex,mdre (LévySchneider, Le Co11ventiom1el Jeanbo11 Saint-André, t. Il, p. 10î4). Le 9 messidor (2î juin), le debarquement des troupès c·,tholiqurs el royales à la solde des Anglais avait lieu dans la baie de Quiberon, près de Carnac. Le iendemain, au moment où s·achevail le débarquement, accouraient hommes, femmes, enf'anls, des environs • en procession, croix en tête el chantant des cantiques comme à un pèlerinage » {Chassin, ibid., p. ,ië>2), criant: l'ive la ,·eligion! Vit-e le roi! el remerciant le ciel de favorber rœuvre pieuse de trahison. On proclamait aussitôt Louis XHII roi par la grâce de Dieu et de Pitt. Tandis que Puisaye voulait se lancer tout de suite it travers la Bretagne, d'llervilly tenait à rester sur la côte el à y garder un point de débarquement suffisamment rassurant pour la couardise du comte d'Artois toujours attendu. Cependant, dès le début, 14 000 paysans habillés, armés et groupés sous trois chefs, le chevalier de Tinténiac, les comtes du BoisBerthelot et de Vauban, s'étaient avancés jusqu·à Landevant, jusqu'à Aur.iy et dans la direction de Vannes. D'autre part, 450 soldats républicains occupaient certains points de la presqu1le de Quiberon, où ils étaient affamés; leur commandant, Delise, négocia, le 15 messidor (3 juillel), leur capilulalion dont les premiers articles étaient • convenus •, de l'aveu mèmc de Puisaye, et écrits lorsque, entourés par des forces très sui érie11re~,ils furent contraints de se rendre à discrétion (Chassin, ibid., JI· 456). Yoilà comment les royalistes re~pectèrent une capitulation réelle; en revanche, nous en ver-
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