Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

52 lllSTOIRE SOCIALIS'l'E néral c,pagnol comme violateur du droit des gens et de la foi des trailés. » Parler avec respect du droit des gens est bien, concevoir ce droit avec plus d'humanité eOt été mieux, et il faut reconnaitre que rien n'aurait jusli0é de telles représailles, si elles avaient été exercées; heureusement, nous allons le voir, il n'en fut rien. Sachant les assiégés de Bellegarde aux abois, La Union tenta un effort pour les sauver; mais, le 26 thermidor (13 aoOl), grô.ce surtouLau général Mirabel qui y perdit la vie, il fut vaincu à San Lorenzo de la Muga, à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Figueras, et, le 2' jour sans-culollide de l'an Il (18 septembre 1794), Bellegarde capitulait : malgré le décret du 24 the'rmidor, Dugommier, avec l'autorisation des représentants en mission, lit grâce à la garnis<ln et la Convention eut le bon esprit de ne pas le désavouer. Bien mieux, le 10 nivôse an· li[ (30 décembre i794), elle rapporta les deux décrets du 7 prairial et du 24 thermidor. Le 5, jour ,ans-culottidc (21 septembre), La Union reprenait \'olîensive et était de nouveau battu. Pendant ce Lemps, le général Charlet avait raison des insurgés en Cerdagne et réussissait en brumaire (octobre) à pacifier cette région, du moins pour quelques mois. Cependant l'armée française ne tardait pas à être dans la plus pénible situation, sans vivres ni pos,ibilité d'en obtenir; elle en était arrivée au point de devoir ou rentrer en France el disputer anx habitants le peu qu'ils avaient, ou vaincre pour conquérir- les moyens de vie, lorsque des négociations entamées depuis le 4 vendémiaire an lll (25 septembre 1794) aboutissaient, le 26 brumaire (16 novembre) à des propositions définitives de paix. Découragée par les échecs el voyant dans le 9 thermidor le prélude d'une restauration monarchique, la cour de Madrid était, en effet, disposée à traiter. Mais, malgré cet état d'esprit, le point d'honneur des Espagnols de ne jamai, avouer une infériorité, amena le roi Charles IV à poser des conditions absolument folles; la ~'rance, demandait-il, • rendra au fils de Louis XVI les provinces limitrophes de l'Espagne dans lesquelles il règnera souverainement et gouvernera seul en roi », Ce fut considéré comme un outrageant défi et ce n'était pas de nature à retenir l'armée républicaine déjà portée ii marcher de l'avant par la nécessit6 de conquérir les moyens de subsistance qui lui faisaient défaut. Dans la matinée du 27 brumaire (17 novembre), elle se mellail en mouvement pour attaquer les lignes fortifiées établies enlre la Muga el Figueras. La lutte d'abord indécise tournait déjà à son avantage, quand Dugommier tomba mortellement frappé par un éclat d'obus. Après quarante-huit heures de répit pour se préparer à ses nouvelles fonctions, Pérignon, qui le remplaça, recomlllençait l'attaque le 30 (20 novembre). La Union était tué, quatre-vingt redoutes prises el le camp espagnol enlevé. Le I! frimaire (22 novembre), Rosas el figueras étaient menacées; le 7 (27 novembre), celte dernière place capitulait sans lutte et l'ofllcier qui en commandait la forteresse la remettait

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