Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

ll1S1'01RE SOCIALISTE 63 aucun doute sm· le but poursuivi par les royalistes de concert avec les Anglais. Du côté de la Yendée, la pulJlication du décret n'entrainait aucune soumission importante, les rebelles voyaient la possibilité de traiter de puissance à puissance et attendaient le résullat des pourparlers entamés avec Charetle. Celui-ci, marchant d'accord avec Sapinaud, avait fait remellre au rcprésen• tant Ruelle une lettre lui annonçant l'envoi de deux délégués, de Bruc cl Amédée de Béjarry, qui arrivèrent le 8 nivôse (28 décembre) à Nantes. A la suite de leurs entrevues avec les représentants, Ruelle se rendit à Paris où, le Z7 nivôse an li! (16 janvier 1795), il mentit it la tribune de la Convention et attribua aux rebelles des actes de générosité qu'ils n'avaient pas accompli$, les Jouant ainsi du bien qu'ils ne faisaient pas, mais ne signalant pas le mal qu'ils continuaient à faire. •randis que Cormatin, escorté du général Humbert, se promenait dans tout le pays sous couleur d'annoncer la trève, observée en réalité à l'égard des rebelles et non par eu.t, ceux-ci assas,inaient les maires de villages patriotes, les acquéreurs de biens nationaux, le, femmes qui portaient des provisions dans les villes, <:l dévalisaient leurs viclim~ en l'honneur du roi el de la religion {Chassin, ibid, p. 110-1:20,. Enfin tout fut préparé pour un rendez-vous sous une tente près de Clisson, à proximité du château de la Jaunaie, mi, à la disposition de Charelle et de ses amis, et où ces • honnêtes gens " furent luxueusement nourl'is aux frais de la l\épublique. Le 21, JilU\iô5e (12 février), Charelle, Sa, pinaud, de Bruc, de Béjarry et trois autres officier::, portant tous large ceinture blanche, cocarde blanche eL fleurs de lis, se rencontraient avec les représentants. Le lendemain, Cormatin assistait à la séance; finalement, le 20 (17 février), on s'entendait a1ec Charette et Sapinaud; Cormatin obtenait que les mêmes conditions seraient applicables aux Chouans qui se soumellraicnt. Par cinq arrêtés des représentants, des secours el des indemnités étaient garanLisaux amnistiés qui rentraient en possession de tous Jeurs biens; sous prétexte de remboursement des bons signés par eux, deux millions devaient être versés à Charette et à Sapinaud; était levé le séquestre des biens des rebelles inscrits sur les listes d'émigrés et non sortis du pays, et des condamnés qui l'avaient été sans le concours du jury; était assuré le libre exercice du culle catholique; enfiu les chefs conservaien l auprès d'eux des corps armés tout organisés, soldés par le Trésor public el chargés de la police sur le territoire qu'ils avaient ravagé. Ces corp; étaient limités à 2 000 hommes el recevaient le nom de « gardes territoriales " qui avait dû ôtre, d'abord, attribué à des compagnie, destinées à protéger le pays contre leurs exactions. En sus des deux millions cl des indemnités prévus, la plupart des chefs touchèrent de la main à la main d'importantes sommes imputées sur les fonds secrets ;ca.-L. Chassin, Les Pacifications de l'Ouest, t. 1, p. Hl3 el 206 à 200). Pout· Ioule compensation, ils livraient leur

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