Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

()(l IIIS'J'OlftE SOCIALISTE 'l'oulefois la situation malérirlle ne s'améliorait pas. La puissance de la haute l,ourgeoisie était accrue pu l'œuvre 'de réaction ; inexorablement, elle ne ,on~eail qu'à s'enrichir. On lil dans le rapport de police du :!2 germinal 11.,11rilJ: « Le ci-devant commerce, transformé en celui d'agioteur, profile du lll;dhcur public el réduit les citoyens au désespoir •· A cette date, il 1r'clail déli1ré qu·uu quarteron de pain par tête sans riz ni bi,cuil, beaucoup lumhaicnl malade:-faulc d~ nourriture, des enfants mouraie11lde fairn, le... suicides augmentaient, pe11,lant que lrs p:l.lissiers employaient la fari~ la pin, pure par eu, achetée, a1cc le beurre cl les œufs, il tout pri, 'rapport de volice du 2\ gerrninal-t:; :11ril . " Le tableau de la rni,èrc publique e,l ellraianl », dil le ra1>port du U floréal,~;, aHili; or, sur les e1ig,·nccs des rnalheurcux, lisons le rapport du lî .o mai,:• \ïnglel un inspecteur, di,enl qu •, ~i la clblrilJution de pain ,,_.faisait (·galcmenl, si tous les ci toi ens rec<'- , ai!'nt une dcrni-liHt' de paiu, la lra1H111illilérégnerail; on peul en juger par la salblaclion que resscnleul ccu, c1ui ,onl ain;i traités; ceui c1ui reçoh·ent une porlion moins forlc nn11murcnl •· Et, alors que le calme dépend si ouwrlcmcut de la ralion. la lin de floréal est à cel égard terrible: d'après le r.rppurl du :!I floréal 10 ,naiJ : • dans les rues on rencontre beaucoup de person11es qui turnlJcnt de ucfaillance el d'inanition •; d'après celui du .;:~, l ', mai,, on a daus !Jue1<1u,',"celions un quarteron do pain par lète, soit quatre onces (il y a,ail seize onces dans une livrcJ, dans d'autre, deux ou trois onces seulement ; on n'a plus quo deux onces - guère plus de üOvammcs - le 2'J (18 mai) cl moins encore le 30 ,l\J mai); aussi les agents conslalcnl-ils, dès le :/1 floréal (l:.l mai), que « les citoyens môme les plus patients commencent à perdre l'espérance•· Cn moU1emcnt tilail iné1ilahle; il était facile pour louL le monde de le 11c1voir; le rapport du 3 floréal (22 avril) disait déjit : « La pénurie échautre Lellémenl les esprits qu'elle fait redouter un mouvement dangereu, •· Deu, partis pulitiqucs tentèrent de prendre la direction de ce qui ne pouvait manquer de se produire; ni l'un ni l'autre ne créèrent l'agilalion, cepenùant l'un d'eu, contribua tout au moins à l'enlrclenir. Le parti monarchiste cl clérical - « les 1>rèlrescl leurs partisans cherchent à émouvoir les esprits• (rapport du 28 ,;errninal-17 anil) - avait, en elfet, par ses manœuvres dans les cami,agnes et ses accointances avec les gros agioteurs de Paris, sa part de responsabilité dans la disette factice, cause réelle des événements de germinal et de 1,rairial. Mais ces événements devaient de Loule façon lui échapper, pareil que la masse p:irisienne échappait à son action. En réclamant • du pain ou la moi t », les femmes, relate le rapport de police du 27 ger111inal (10 avril), ajoutaient: « Youdrail-on nous forcer à demander un roi? Eh bien, foutre, nous n'en voulons point •· Si le parti démocratique n'eut aucune part soil dans l'origine, soit dans la durée de l 'acllon populaire, il est incontestable que certains de ses

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