Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRE SOCIALISTE dis que les députés votc1\1ienl en leva nl leurs chapeau,. Vernier avait repris la prési 'ence. Rornme dcm~nda successivement la mise eu liberté des ralriotes, une seule espèce de pain, la recherche des farines, Il l ermanen~e des secli ms qui nommeraient les commissaires pour les subsistances. Du Roy rédigea ces propositious; elles furent adoptées. Goujon réclama le renouYellemcnl d s co uités de gouverne ment, Bourboltc l'arre,tatiou des 1 amphlétaires royalistes el l"aholition de la peine de mort; on vota cette aboli• lion, excepté pour les émi 0 rés el les rabricatcurs de faux assignats. Duquesooy. Prieur (de la )llrne), Bourbotte et Du Roy, nommés à minuit pour exercer le, fvnctions du comité de sOreté générale, so rendaient en toute Mle. à leur p,,ste lorsque, à la porte, ils se heurtèrent à des gardes nationaux, principalement du quartier Vil ienne el de la Chaussée d 'Antin, a111enfls par l..egendre, Auguis, etc. Les insurgés déjà moins nombreux essayèrent de résister, mais les gardes nationa ux entrèrent en masse criant : A bas les Jacobins I cl ils durent s'enfuir. Au dehors, la pluie avait dispersé la roule qui, d"ailleurs, fatiguée, salisraite d'apprendre qu·on votait ce qu"elle dé,irait, ét,il allée se coucher en colportant la bonne nouvelle. Elle cropil avoir ga~né la partie, elle rarnil perdue el, cette fois, par sa faute. Le, députés de la Monlllgne avaient fait ce quïls auraient dO faire le 12 germinal; seulement il était bien lard quand la foule, après avoir ga,pillé un Lemps précieux, leur permit d"agir. D'autre part, fatigué ou non, ce n'est pas au moment de l'action qu'on s'en \'a, alors même qu'il pleuvrait; mais le, insurgés parisiens, si bral'es devant un danger réel, n'aiment pas à être mouillés. Rel'enus de leur frayeur, les modérés commencèrenL par calomnier niaisement leurs adversaires; puis, ils les frappèrent avec rérocltê. Au milieu de, plus làches délations, ils décrétèrent l'arrestation de quatorze de leurs collègues, Bourbolle, Duquesnoy, Du Roy, Prieur (de la Marne), Romme, Soubrany, Goujon, Albitte ainé, Peyssard, Le C1rpenlier (de la Manche), Pinel ainé, 8Jrie, Fayau el Rühl (Bulletin drs lois, n• CXLV-819), après aYoir eu soin de faire brûler les minutes des décrets quïls leur reprochaient d'avoir rendus. Cependant, le lendemain, les insurgés reposés, mais déçus, revenaient à la charge. Les sections de Montreuil, de Popincourt el des Quinze-Vingts qui composaient le faubourg Antoine, se concentraient sur la place du Palais national avec leurs canons. Les gendarmes de l'Assemblée passaient aux insurgés, ou s·cn allaient, ramenant leur cheval par la bride el disant qu'ils voulaient bien comlJattre l'ennemi sur la frontière, mals non tirer sur le peuple (Clarelie, les Dcmicrs .\1011ta911ards, p. 187). Inquiets, les modérés eurent recours à la ruse. Les artilleurs de leurs sections, qui o::cupaienl le jardin des Tuileries, vinrent fraterniser avec les Insurgés, des députés se joignirent à eux, on s'embrassa, la Convention fit des promesses; la roule

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==