J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCIALISTE 17 nislration cl des intérèls locaux ». Puis, il demandait aux républicains peu nombreux non soumis au l'Cnou,.ellemenl, aux candidats qui affrontaient la lulle. de s'imposer clans le coin du pays par leur travail el leurs capacités : • Donnez, écl'i\'ait-il, dans les Conseils généraux, l'exemple du lra,·ail; démonlrn ,·otre compélenrc dans le maniement des affaires publiques. répandez vos idées. vos principes etlcpayssaurabien vous appelerü les mellreen pratique». Celle lactique. qui était pcul•<'tre excessi,·e. dé<-t'lail l'homme masqué sous des apparences fougueuses, sou• un langage véhément, qui allait, avant peu, modérer son p,.ogramme, s·orienler ,·ers le centre du parti rt'publicain el délcr• miner une crise, puis une ruptur<', avec rnanif't•stalions parfois viol<"nlC'sa, vec l'extrême-gauche, dont momentanément il était le rhef incontesté. ~!aigri- ses conseils de prudeuce, sur un grand nombre de points, sollicil<1s, provoqués par l'attitude insolente des comités de droite, les républicains, ceux de la veille bien entendu, ne purent s·empècher de parler nrllemenl à leurs électeurs. Les résullals fu,·enl favorables anx r,·puhlicains de toutes les nuanc<'s, presque partout coalisés Ju reste. les modérés restant les plus fa,·orisés, ainsi qu'il fallait s'y attendre - un tiers des élus •eulemrnl appartenait à la réaction, à la fraction orléaniste pins parliculifr,,mcnl, car. légitimistes el bonapartistes éprou,·èrrnl de nombreux cl retentissants éclwrs. Vuoique moins caractéristique en apparence, c'était une nouvelle el importante "ictoire républicaine; elle démonlr:iil que le pays rural, 1wn à pru. re\'<'nail de son erreur de f/>,,,.ier. se ralliait à la H,'publiqu,·. On ne "ompla nH'me pas comme une revanche de la droilr l'élection des présid<cnts des Conseils généraux, pour un tiers seulement renouvelés; sur 81\, !? SPuh'menl élai,'nl radicaux, 18 républicains el 56 conservateurs. Le renOU\'ellement des Conseils généraux, la victoire républicaine qui venait de se souligner, loin d'apaiser les polémi,1urs ne pou\'ail que les alimenter. La bataille conlr!l la réaction s'intensifiait ;,ans cesse; toutefois il y eut parfait accord dans les rangs républicain•; il n'en pouvait Nre autrement. du reste. La majeure parlle des hommes qui le représentaient étaient ou des ralliés ou des républicains fvrl modérés, soucieux de conser\'alion sociale avec une forme de gou\'crnement moins dangereuse pour le pays el pour les inlérèls économiques dr leur classe qu'un empire ou une monarchie, conser\'anl quand mème presque tout l'ensemble des vieilles institutions cl lois. !;oc faible minorité envisageait une République plus républicaine, comportant des réformes assez caractérisées en malifre politique, financi<'re, économique, ouvrière. sans toutefois aborder le problème social. M. Gambetta, qui provisoirement orientait, dirigeait celle fraction la plus avancée de"ait, quelques années plus lard, résumer, eo un de ces mols types qu'il excellait à trouver, toute sa pensée : « JI n'y a pas de question sociale, il n'y a que des problèmes sociaux >,.

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