46 HJSTOIIIB SOCIALISTE Les curés terrorisaient littéralement les campagnes, où ils étaient les maîtres. )lais les exri's de langage, les écprts de plume des orateurs el des /•cri'"ains des partis réaclionnair<"S, loin de profiler à leur pitoyable cause, de'"aienl la desser,·ir. On s'en aperçut bienlùt, tout ùe su ile mème, lors des élections cantonales. Les électeurs étaient con'"oqués pour le 8 oclob,·e et il y avait '2.860 c-onseillcrs généraux à élire. Ces élections ont toujours eu et conservent, peul-èlre aujourd'hui moins qu·aulrefois, un double caractère politique el local, celui-ci ayant généralement joué un rùle prépondérant. Silualion de fortune, caractère personnel de l'homme, ces deux facteurs déterminant, plus fréquemment que le programme el le mérite, la popularité. Pour la première fois, depuis la Révolution du 4 seplemb,·e, le suffrage universel allait se pl'Ononccr sur ce lerrnin particulier el les résultats en Haienl aHcndus iwec une cerlaine impalicnce. Les candidats de tous les partis élaienl en présence dans la grande majorité des cantons. Les monarchislés, après le manifeste du comte de Chambo,·d, s'étaient de nouveaux divisés, orléanistes contrn légitimistes purs; les bonapartistes eux-mêmes, non découragés par leurs retentissants échecs en juillet, rentraient en ligne, le prince Jerùme :'sapoléon en lNe, s'attaquant à ta Corse, terre classique, el pour cause, <lu bonapartisme. (_)uel rôle allait jouer la politique dans te renouvellement de ces Assemblées départen\entalcs auxquelles toute manifestation politique esl précisément interdite·> li paraissait impossible qu'elle n'y fut pas mêlée directement. :'le fallait-il pas que le pays, dans celle consultation, exprimàl son sentiment Sut' des questions importantes, vitales, telles que la forme du gouvernement, encore en suspens, malgré le \"Ole de ce fœlus de conslilution, la loi Rivet; que le pouvoir constituant ou la dissolution de l'Assemblée, elc ... ? Cependant, ~l. Gambetta qui était de,·enu le chef de la fraction la plus avancée du parti républicain à l'Assemblée, à laquelle il donnait le,mol d'ord,-e, ayant pris sur elle, depuis sa rentrée, un~ inlluence considérable, s'allacha à préconiser toute abstention en matière de politique générale, pour s'attacher exclusivement à l'élude des questions administratives. Voici un passage caractéristique d'une lettre par lui adressée, en vue de sa publication, à lJn conseiller général"l-épublicain de l'Allier, le docteur Cornil:« Tout d'abord (il supposait qu'il était lui-mème Consœller général), je m'interdirais sévèrnment toute ingérence sur le terrain de la politique générale. Nommé comme républicain, je ne cr~irais par devoir altérer la nature el la compétence du Conseil. Plus que jamais, je chercherais à séparer l'Administration de la politique. Je me garderais de confondre les attributions et de transformer les Conseils généraux en Assemblées législatives au petit pied, je ne 1·éclamerais donc ni la dissolution de l'Assemblée de Versailles, ni la proclamation de la République, ni toute autre mesure de politique générale. Je concentrerais tous mes efiorts sur le terrain de l'Admi-
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