HISTOIRE SOCIALISTE 33 l'ont poussée au combol plus qu'ils ne l'y ont suivie, elle esl sublime ave c ses figures h01•es, ses yeux brillants de fièvre, ses mains noires de poudre c l ses ,·èlemenls en loques; ses morls, ses blessés sonl des héros, des martyrs. Si, par hasard, comme en Juin 1848, comme en Mors !Sil, elle o comba llu pour e lle, si elle veul pour elle quelques-uns seulcmenl des fruits de la victoire, alors o n lui cric: haro; elle n'csl plus qu·unc tourbe sans oveu. la u vile mullilude » qu'il faut saigner à blanc pour la réduire cl, plus que jamais, la river au servage. Le nombre de~ accusés appelés devant les Cours d'assises fut relativemen t faible eu égard au nombre de ceux qui comparurent devant les Conse ils de guerre; ils étaient au nombre de '.?36,compris dans Il affaires. Les jug es su montrèrent, étant donné l'époque, la pression qu'on tenta d'exercer sur eux, beaucoup moins implacables que les juges militaires. C~rlain~ marquè rent mème par leur verdict une évidente impartialité, parfois de la S) mpalhic pour le caracti•rc des accusés. La Cour d'assises des Basses-Pyrénées eut à connaitre des événements d,- Toulouse, une manifestation tumultueuse bien plus qu'une tenlati,·e de so lidarisation sérieuse, cflective au mouvement parisien. Il y avail là, cepend ant, un homme dont le passé sous l'Empire, l'attilude indépendante vis-à-v is du gouvernement de la Défense nationale, lïnnuence, la popularité, qui po uvait beaucoup; il ne fil rien cl le mouvement, sans direction, arnrta. Il ne fil rien, c·csl trop dire. car, dans une brochure par lui publiée, il r.'lu1sita pas à déclarer que, durant les é,·énemenls qui suivirenl sa révocation el son r~ mplacemenl par)!. de Kéralry, il n'avait été que le fidèle el loyal serviteu r du gouvernemenl de Versailles. Après neuf jours de débals passionnés, la Cour d'assises l'acquilla, ainsi que ses co-accusés, à l'unanimilé. Ils le mérit aient bien. Duportal, néanmoins, racheta bicnlùl ce moment de faiblesse. Heprenanl la direction du journal L 'Emancipalion, où il avail fail si vaillante campagne sous l'Empire, il prit ou,·ertemcnt la défense des vaincus à qui, malgré procès sur proci's, il ouvrit les colonnes du journal. Ocs proscrits tels quo Razoua y purenl répondre aux allaques furieuses, aux diOamations. Cc ful le signal du ré1·eil dans le Sud-ouest. A Rodez se jugea l'affaire de '\'arbonne dont Emile Digeon avait été le chef intrépide. )louvcment l.Jref,mais énergique, lùl éloullé par tics tro upes emoyées de toutes parts; des turcos y figuraient pr<'ls à traiter les insurgés comme une vulgaire tribu à razzier elà massacrer. Devant le Conseil de guerre, des soldats qui n'avaienl pas voulu tirer sur des Fran~ais comme ils a1 aienl bravement Lirésur l'envahisseur étaienl déférés au Conseil de guerre qu i en frappa de la déportation. Malgré l'altitude de Digeon qui, hautement, fière• menl, sans détours, revendiqua toute la responsabilité du mouvement insu rrectionnel, appelant sm· sa tête le ch1\limenl, s'il en devail être appli<1ué,le jury rendil un verdicl négatif sur toutes les questions el Digeon fut mis en lib erté parmi une enthousiasme exlraordinaire. Rendu en ple111centre • provinci al ••
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