J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOJR,, SOCIALISTE cc vrr<lic·t produisil une sensation profonde; les conserrntcurs en furent allerrés: les r1•publicains avancés, les socialistes en reprirent courage. :-:ur '!:~; cnvo}<'Sdevant les quatone cours d'assises, 116 furent acquillfs, 120 condamnés à différentes peines: '2 aux tra,·au, forcés à perpétuité, 3 à la déportation simple, li à la déportation dans une en('eintc fortifiée, ï aux trri- ,·aux forc(•s à temps. ·:!() à la détention. K à la ri·clusion et ;9 il l'emprisonnem("nl. Us Conseils de guerre sr montrèrent, de lJeaucoup. moins indulgents que lrs C:onr"l d'a.::.si~rs. Commr nous l1aYons fait rE-marqu('r. c't'•t:uenl les vainqueurs <1111Jugeaient les ,aincus; c'étaient les anciens officiers de l'armée qui soui1•11aitle r(•grnw impérial appeles à juger ceux qni avaient renvers(· le régime. c·ar, il n'est pas doul('UX que, sans l'inten·cntion énerg-iquc de l'élément rrpuulicain avancé, socialiste, la Hholulion du l septembre ne se •crait pas acc·omplic, au moin•, avec· une rapidité tell,• que toute résistanc(• fut ,aine et que le calme ne fut pour ainsi dire pas troublé. Il c•st impossihle de redire par les détails cc que furent les proc,'s qui se dérouli•rcnt dernnt les Conseils de guerre: 1m'mr <lïusister sur les épisodes passionn(·s qui se produisirent ou sur les discussions qui projetèrent une ,·ire lumière sur le caracli·rc 1·éelde la révolution du 1~)Jars, sur les hommes qui avaient assum(· l'<'crasante responsabilité d'une direction toujours difficile, parfois impuissante. Ce fut au 3• conseil de guerre, siég~ant dans la salle du )la11i•ge, que fut dévolut• la mission de jui;cr les membres du Comité centrai et de la Commune <1uia,·a,cnt été arrt'lés et <1u'a,•aient épargnés les exécutions sommaires de Mai. Les dél,ats furent dirigés par le colonel )lerlin, dont le rolu devait Ctrc d'une partialité inoule; il attacha à son nom une célébrité sinistre. li arnit en la personne du commandant Gaveau un collaborateur tout à fait digne de lui, car, supportant peu la contradiction, il ne cessa d'injurier les accusés, de paralyser la défense, parfois, mème, de menacer les a,·ocats. Rien ne devait <'Ire épargné par lui pour in,·itcr les juges à frappe,· impitoyablement - ils y étaient préparés, du reste - les vaincus que la défaite, les hasards de la for lune capricieuse amenaient devant eux. A relire les comptes rnndus détaillés de ces procès, on 6'-oque la question el la rëplique échangées entre le président de la cour martiale cl le général Malet, aprùs l'avortement de la prodigieuse conspiration de 181'2. Au président qui lui demandait : " Qui donc comptiez vous a,·oir comme complices, commo partisans "• ~lalct répondit fièrement : « Toute la France ... , vous les premiers, si fa, ais réussi! » l'n écrivain fort modéré, qui n'a jamais passé pour suspect de sympathie envers le mouvement révolutionnaire, M. Jules Clarctie, a tracé du Conseil de guerre un tableau à la fois simple cl vivant: " La salle du Conseil de guerre était vaste, c'était celle salle du Manège,

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