J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

')ï t HJST(HRE SOCIALISTE positif, mais qne je lui donnais nn nrd,·e ,n()ral, sous m(1 responsabililtf, d'en donner rommu11fralwn ,w.r juges du Con.;.eilde guerre. parce que jeslimnis ,111'i/ !I 11t•ail fo des 11ri,omplions 9r<1t•es t/0111 il è/a,t indis11ensable qu'ils 1.·11.~senl ,·onnaissrm,·e .,, Entn· toutes lt•s dépositions, une, rut parliculi,'rcmcnl sensationnelle, celle de )1. Casimir-1\•ricr, ancien président de la Hfpublique, dont la démission a,ait Né si inattendue, les causes en (·tant restfcs cnvclopp,·es d'un mystère troublant. Ap,·i·s avoir dédoré qu'il n'avait eu communit·alion d'aucun dossier avant la condamnation du capitaine l>re)fus, qu'il n'avait pas joué de rôle dans cette alTairc tlonl il avait été S) stématiq uemenl tenu à l'écart par le Cabinet, tant au point de vue militaire que diplomatique, il ajouta : « J'ai fidèlement el complètement relaté le seul incident diplomatique que j'aie connu. Il était fait appel à ma loyaitlt' persomtelle; j'ai dit à l'ambassadeur d'.\llcmagne la ,érité sans détour~, estimant que c'était la seule explication ljUC pouvait donner celui qui parlait au nom de la France. Ilien dans cet incident diplomatique ne pouvait déterminer ma Mmission. ,, J'ai, quoiqu'il nùn co1He, le devoir d'ajouter un mol: parmi les considérations cl les faits qui m'ont conduit à donner mn démission et que j'ai ,·oulu taire, parce qu'en me taisant je ne faisais tort qu'à moi-même; il est un fait qui a un lien trop Nroit avec l'incident dont je viens de parler pour que je m'expose au rep,·oche de ne pas l'avoir dit. • Quand j'ai dt\ conférer avec l'ambassadeur d'Allemagne, le ministre des AITaircs étrangères était absent de Paris. « Je savais qu'il avait eu sur l'alTaire l)reyfus des entretiens avec l'ambassadeur, mais malv;ré mes obser\'alions antérieures, il s'était abstenu de me les faire connaitre. Cc n'est ni l'heure ni le lieu d'expliquer dans quelle mesure je juge la présidence de la llépublique dépourvue de moyens d'action. « Je demeurais, dès lors, exposé à m'entendre dire un jour, dans des circonstances plus graves, par un représentant de l'étranger, que mes déclarations n'étaient pas ,·onformes à celles du ministre des alTaires étrangères de France. • Voilà des considérations qui ont pesé sur ma conscience. ~lais, je le répHe, l'incident diplomatique avec l'Allemagne n'a été pour rien dans ma démission. » Le 9 septemurc, par cinq voix contre deux, le conseil de guerre déclarait de nouveau le t·apilaine Dreyfus coupable dl' trahison, mais accordait les circonstnnres atténuantes! C'était une véritable proclamation morale d'innocence que devait suiHe la remise de la peine, c'est-à-dire la gr,lce, jusques el y comprise la remise de la di-1,radalion militaire. La victime de la« justice militaire • était libre, grâciée, mai~ non proclamfo elîccliwment innocente. La tnche des re,isionnisles n'était pas terminée cl l'agitation nationaliste loin de dt<sarmcr s'inlensir.ail de jour en jour, mais

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