HISTOIRE SOCIALISTE 275 perdanlchaque jour du terrain dans l'opinion publique, sauf à Paris où l'année suivante elle devait remporter de signalées victoires électorales el faire pencher à droite la majorité du Conseil municipal. Tandis que se déroulait le proc,·s <le Rennes, le Cou,·crnemenl, présidé par M. Waldeck-Housseau, mettait à exécullon la parlle de la Mrlaralion ministérielle dans laquelle il affirmait son ferme dessein de prendre loules les mesures nécessitées par la défense des institutions républiea11ws et par le maintien de l'ordre public plus que jamais lroublé depuis l'ou,·erlure des dHials. Il était certain que Loule l'agitation était conduite el soldée par les agents les plus actifs des partis réacteurs qui n'allaquaienl plus ouvertement la République, mais accusaient les révublicains de corruption, de trahison, el se proclamaient les seuls, les vrais défenseurs de l'armée outragée, de la J>atric livrée à l'étranger. Quoique la grande majorité du pa)S résisl<ll aux calomnies, parfois aux menaces, le danger étail évi<lenl, il importait de le conjurer. Le 12 aoùl lb!J!J, des arrestations assez nombreuses étaient opérées, entre autres celles de MM. Paul Déroulôde, André BulTet, de Sabran-Pontevè8, de Hamél, etc., et des perquisitions étaient pratiquées au sii•ge du Comité rnyaliste, à la Ligue des Patriote.ç cl che, des personnalités en , ue parmi les chefs du mouvement nationaliste. C'est dans les termes suivants <1u·enune note officieuse, !'Agence llauas annonça les mesures qui venaient d'<'l,e prises : « L'n certain nombre d'arrestations onl été opérées ce malin à la suite d'une instruction ouverte en vertu de l'article l:l!Jdu Code pénal, complot formé dans le but de changer la forme du (;ouverncmenl. • Les inculpés appartiennent aux groupes de la Jeunesse royaliste, de la Ligue des patriotes el de la Ligue antisémite. • Lors du procès relatif à l'allentat dr la caserne de Reuilly, les faits se rattachant à cel épisode furent seuls retenus par le réquisitoire; mais les perquisitions faites dès ce moment et les pièces saisies permirent plus tard de reconstituer l'organisation, dès juillet 18!J8, d'un complot ayant pour but de s'emparer par un coup de force du gouvernement. « Des dép~ches qui furent retrouvées ne laissent aucun doute ni sur l'existence du complot, ni sur ses principaux acteurs. • Lne surveillance très acti,·e fut organisée, el on acquit la preuve que les mêmes groupes préparaient une nouvelle tentative à brève échéance, exigeant, pour prévenir de nouveaux désordres, des mesures immédiates. • D'autre parl, il élail avéré, les preuves avaient été rnsscmblées apri·s la mort de M. Félix Faure,.que tout avail élé préparé pOIJrun coup de main, que, dans ce but, le duc d'Orléans avait quitté Palerme pour venir à Bruxelles, mais que le complot découvert avait arnrlé. Enfin, 111. Jules Guérin, un des hommes d'action réputés les plus énergi-
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