J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

2ï2 JIISTOJHI•: SOCl \LIS'l'lè cl d'action qui, sauf quelques n'scl'\CS, a1·ail obtenu l'adhésion générale. 1Jc1·ait-il accepte,· le portefeuille·• les a,·is <'laient partagés el des querelles s'élevt'.irent trt·•s \'Î\'eS entre ceux qui mainlcnaient l'intransigeance de leur programme de classe cl ceux qui, comme au temps du boulangisme, estimaient que le parti socialiste, dans les circonstances présentes, ne pouvait s'isoler. s'éloigner de l'action de défense républicaine cl la majorité approu\'a l'altitude de M. Millerand. Le 2G juin, le ministère \\"aldrck-11ousseau se présentait devant le Parlement el donnait lecture de sa déclaration dont le passage principal élail un appel à la concentration de tous les républicains sincères, pour la défense des institutions cl une indication lr/·s nelle sur l'affai,·e qui agitait les esprits: « La Chambre en exprimant la 1·ésolution de ne soutenir qu'un Gouvernement décidé à défendre avec énergie les institutions républicaines cl à assurer l'ordre public, a ncllemcnl défini la t,lchc qui s'impose au nouveau cabinet. « li n'a d'autre ambition que de l'accomplir. « S'agissant <lemaintenir intact le patrimoine commun, nous avons pensé que les divisions de parti devaient s'effacer el que l'œuvre que nous allions entreprendre exigeait le concours <leLous les répul,licains. « Quand le bul csl pr~cis cl qu'il ne \'aric point avec les méthodes ou avec les écoles, l'accord devient facile, les controverses se taisent en présence d'un mümc devoir à remplir. « )lettre fin à ces agitations dirigées, sous des dehors faciles à percer, contre le régime que le suffrage universel a consacré el qu'il saura maintenir; exiger dans lous les services un concours fidèle, le courage des responsabilités, telle doil èlrc la première préoccupation du gouvernement qui se présente devant vous. « li ne dépendra pas de lui que la justice n'accomplisse son œuvre dans la plénitude de son indépendance. li esl résolu à faire respecter tous les arrèls, il ne sait pas distingue,· entre ceux qui ont la rcdoulablc mission de juger les hommes el, si le vœu du pays est avant loul écoulé, c'est dans le silence el le respect que se prépareront ses décisions. » La lùche qui incombai[ au nouveau minislère élail de liquider l'allairc Dreyfus; dr r<\lablir l'ordre cl d'achever la préparation de l'exposition inlernalionalè qui devait couronner la fin du ,i:,• siècle. Le l" juillet, dans le plus grand mystère el avec les plus grandes précautions, le capitaine Dreyfus rrnlrail en France, nuitamment débarqué dans un pclil porl de pèche de Bretagne, non loin de Quiberon, à Port-Haliguen; de là, il élail transporté el emp,·isonné à Rennes. Haremenl une cause judiciaire transformée en événement politique n'avait si fortement ému l'opinion, déchainé d'aussi violentes passions, d'aussi virulentes conl roverses. Les divisions qu'elle avait semées dans le pays

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