HISTOIRE SOCIALISTE 2il un gou,•ernemenl de concentration entre le centre gauche el l'exlri'me-gauche, plutôt un cabinet d'affaires que d'action, mais il ne put aboutir en raison du choix qu'il avait fait comme collaborateur ùc ~!. Barthou, dont de nombreux républicains n'avaient pu oublier le rôle par lui joué aux élections de l8!l8, alors que, dans le cabinet Méline, il détenait le portefeuille de l'Intérieur. Les hostilités que suscitèrent ce choix délermin,'rcnl \1. Poincaré à abandonner s3mission. M. \\'aldeck-Rousseau. dont le premier passage aux affaires dans le cabinet Gambetta avait été fort remarqué, qui était un des orateurs les plus froids mais les plus remarquables du Parlement cl avait conquis une très grande influence, avait accepté la lt\chc de constituer le ministère; clic n'était pas aisée; la situation était difficile au dedans el au dehors; le Parlement était divisé par les rivalités el les indécisions; les compétitions s'accusaient nombreuses. L'heure élail venue de tenter une œuvre ayant un double caraclt'•re : la concentration des forces réellement républicaines el une orientation plus nette, capable de prouver que la f\épubliquc voulait enfin entrer dans la voie des réformes sociales d'un caractère précis, cfleclif el large. Après plusieurs jours de pourparlers, de négociations, la constitution du nouveau cabinet paraissait à l'O((iciel. Ce fut une véritable stupéfaction. M. Waldeck-f\ousseau, avec le portefeuille de l'Intérieur, prenait la présidence du Conseil; le génér.il de Gallifîel était à la Guerre, \1. de Lanessan à la Marine; M. ~lonis, à la Justice; M. Delcassé, aux Afîaires étrangères; M. Millerand, au Commerce; M. Caillaux, aux finances; \1. G. Leygues, à l'Inslruclion publique; M. P. Baudin, aux Travaux publics; M. Decrais, aux Colonies; M. J. Dupuy, à l'Agricullure. Que des républicains eussent pu songer au général Gallifîel, l'homme aux exécutions sommaires de mai l8il, l'ancien familier des Tuileries, le fougueux réacteur sous l'ordre moral el le Hl mai, pour en fail'C un ministre de défense républicaine, dans un cabinet où f1gurail un socialiste; qu'il e,\.t luimême accepté d'en faire partie, il y avait de quoi surprPndre, émouvoir l'opinion. Mais il apparut bientôt qu'il n'avait été choisi que pour m,\ler les chefs militaires trop nombreux qui s'élaienl laissé enlamer par la contamination nationaliste el antisémite. On avait pensé qu'il se montrerait aussi sévère, aussi énergiquement iœplacable envers lrs officiers indisciplinés qu'il l'avait été contre les républicains révolutionnaires de Paris. C'était une grave imprudence; elle n'eùl toutefois pas les funestes résultais qu'on était en droit d'aj>préhender. Sous son action énergique, brutale, les« bavards » de l'armée durent se Laire el la revision du procès Dreyfus put s'activer. L'entrée de M. Millerand dans le ministère avail surpris les bourgeois républicains el les socialistes. C'était lui qui, au cours du banquet tenu à la PorteDorée au lendemain des élections municipales de 18!)6 qui arnienl marqué le grand développement du parti socialiste, avait tracé Ull programme de doctrine
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