J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

2ï0 HISTOIRE SOCIALISTE répuhli.-nin, gagné à ln cause rcùsionnislc, la lcnlalivc offrait peu de chonces de succès; les n'gimenls se scroienl fondus avant d'avoir atleiot la plac e de la Bastille. M. Paul Déroulède cl son fidèle liculcnaol M. Marcel llaberl furent arrèlés. lis de,aicnt ètrc acquittés par la Cour d'assises de la Seine I Alors que la France un instant profondément troublée, se ressaisissait el qu'aux élections générales de ls<JS elle se manifestait revisionnistc, Paris s' allolail comme cela lui élail advenu durant l'aventure boulangiste. Des man ifostations tumultueuses s'agitaient oulour des procès qui se déroulèrent e l marquaient les perplexités, les hésitations des gouvernements qui se succé daient. JI importait, pour la tronquillilé générale, pour le salut de la Républi que encore menacée, de prendre de supn'rncs et décisives résolutions. Dans les derniers jours du mois de mai IS!J'J, la Cour de cassation, toutes chambres réunies, ouvrait le proci•s en revision; le :i juin, elle rendait son arrN el le capitaine Dreyfus était rem oyé devant le conseil de gue rre de Rennes pour ètre jugé de nou,·cau. l"n na,ire de gu.:,rre fut envoyé à l'ile du Diable pour chercher l'officier innocent déporté el soumis aux pires mais illégales rigueurs d"une cruelle captivité. Ces mesures destinées à ri·parer une monstrueuse iniquité et à metll e en lumil-re de hautes cl nomLreuses culpabilités, portèrent à son comble l'exaspération de la coalition nationaliste qui, sur le champ de courses d'Aule uil, se livra le 4 juin, à de scandaleuses manifestations; un énergumène, le baron Christiani, s'oublia, dans un accès de véritable délire, jusqu'à frapper de sa canne le p1·ésident de la l\épublique. La foule protesta par ses acclamations contre l"attitudc des nationalistes; les Chambres, le Conseil municipal d e Paris élevèrent de solennelles protestations contre de tels agissements et tout le monde comprit qu'il n'était que temps de réprimer avec décision un mouvement qui paraissait désormais plus dangereux que le mouvement boula ngiste. li apparaissait aux )eux des moins prévenus contre lui que le président du conseil, ~I. Charles Dupuy, n'avait pas songé 1.prendre les plus élémentaires précautions pour protéger le nouveau Président de la République, alo rs que loul était pour indiquer que les nationalistes ne manqueraient pa s cette occasion de manifester leurs sentiments. Le 1'2 juin, la Chambre, par un ordre du jour précis déposé pur ~Dl. Huau cl de Lnporte, donna son congé au cabinet. Cel ordre du jour était ainsi corn.:u: " La Chambre résolue à ne soutenir qu'un gouvernement décidé à défendre avec énergie les institutions républicaines el à. assurer l'ordre public, passe à l'ordre du jour •· C'est à ces préoccupations que fut due la constitution du ministère WaldeckRousseau. Ce ne fut pas sans peine que la crise ministérielle fut dénouée; le 26 juin seulement le nou\'cau cabinet put se présenter devant le Parlement. Le Président de la Hépublique avait d'abord oppelé M. Poincaré que sa situation parlementaire, assez indécise du reste, semblait désigner pour former

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