HISTOIRE SOCIALISTE Cc fut dans tout le pays un mouvcml'nl d'opinion inou1; il faut reconnaitre, lou!cfois, que les masses paysannes ne ,·) laissi•renl pas prendre; elles vir<•nl les rfaclionnaires, les cléricaux qui, d'abord, à la suite de l'expulsion cl(•s JH'inccs, avaient manifesté la plus ,·iolenle hosltlilé au /p'néral Boulanger, ministre «radical» d~ la guerre, se faire ses plus rhauds partisans, el cela ~veilla toutes leurs méfiances; clics comprirent 11uc, sous couleur de palriohsmc el cl'l1onn,'lelé politique, c'est à la Hépublique 'lue ln coalition en avnil, cl clics ne se laissèrent pas mfluencer; clll's resli'l'cnl cc qu'elles étaient lentement devenues: des masses républicaines, soucieuses de la paix extérieure el de la lranquillitt! intérieure. La crise pro,·oquéc par l'atTaire \\'1lson-CatTarcl-Limouzin entra dans sa pi'riodc la plus aigtli', le jour oit la Chambre, à l'un~nimité moins un(• voix, autorisa les poursuites ,ontrc )1. \\ ilson: quarante-huit heures apri•s, le cabinet llouvicr Mail renversé cl~!. (;r(•vy; dans l'impossibilité de constituer un nou- ,·eau minist,'re, cédait aux sommations formelles du Parlement, en donnant, le 2 décembre, sa démission. Cclll' démission aurait sans doute amené une détente, si ne s'était immédiatement présentée la perspective <le la candidature el de l'élection de )1. Jules l'err) à la présidence de la Hépublique. Celle pcrspecli,c, qui n'avait rien (J'cxagéré, du reste, donna un nouvel aliment b. l'agitation populaire, à Paris surtout, oi1clic devint parliculit'·rement intense cl permit de redouter des troubles gra,es. Mais )1. Sadi-Carnot fut élu au second tour de scrutin, le :i décembre; pour quelques jours, un calme relatif fut rétabli. )1. Sadi-Carnot était un républicain modéré, de tempérament maladif cl calme ; le renom de ra,eul qui avait joué un si grand rôle durant la Hé1•olution l'auréola vis-à-1•is de la foule. C'é(ait un président de tout repos qui entrait à l'Elysée. M. Tirarcl fut chargé de constituer le nouvcnu ministère. Il aurait fallu des hommes d't<oergie, de décision, pour réagir contre le mouvement boulangiste qui s·exasprrail et prenait toute l'allure d'un P!\rli très fort, décidé aux pires aventures; on avait compté sur un apaisement qui ne pou,·ait se produire. L'année lAA8s'ou,·ril donr sous de sombres présages. Les victoires républicaines allaicnl-éllcs donc élrc compromises par une farlion ayant à sa tête un soldat rebelle'? En février, la candidature du général, encore en fonctions, pur suite inHigible, était posée par un Comité d'initiative, à la lNe duquel se trouvait M. (,. Thiébaud, uonaparlislo ardent, actif el intelligent, dans cinq département• el elle groupait !'i:i.000 su0rages. Sur une mise en demeure, le gfn<-ral se défendit d'avoir manqué à la discipline militaire; il afr.rmnil Mrr resté Hrangcr à la rampagnc électorale; il n'avait autorisé personne lt se se,·· 1·irde son nom, à posn ~• candidature. Mai• on décom rail quïl était venu plu•ieurs fois à Paris sans autorisation, sous un dt'guisemenl. La mesure nfeessairo qui, <1uelq110temps apr~s. le mcllail. à la retraite d'office. le ren· dait complNrment lihre. Il nr nous csl pas possible de noter dans tous ses
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