HISTOIRE SOCIALIST.; par )1. (;amhclla, que l'on pousse au pou,·oir pour l'en précipiter cl ruiner son prestige, lassC' tout 1c·monde: l'Exlrême-Cnuche a violemment rompu a\'CC lui ..i. par la ,oie de la presse, des r~unions pri,·ées ou publiques, lui fait une gurrre san~ mPrci, sou,·enl justifié(\ parfois injuste. M. .Iules Ferry, qui est drn•m1 une pe-rsonnalit(·, a <lepuis quc·lqucs ann(•('S déjà S<'Coul·I<'joug. C'est un trmpl•ramenl dïwmme d"Elal rl·~olu à suivre la lig-nc ùr conduite qu'il s·c.$l tract'•,•, sans se préoccuprr de~ impressions de l'opinion pul,liquc; il <-naJficlwlc plus profond dédain: on dirnil qu'il s'acharne à déchainer ronlrc lui lïmpopularill-: qu'il ~a,·oure la lourmenlr passionnée, haineusr qui l'cnvelopp<'. C'est évidemment un de• rares hommes d'Elal que la bourgeoisie ail prodmt sous la troisième République': clic n·a pas su le comprendre. Aux cùlt~'id,.. JI. .JulPs FPrry un aulrc homrnc politique jouait u11 rùle c-onsi<l(·rabl<', )1. dt• rrl'ycin<'I. dont raction l'Lait consi<ll•ral,IC', l'autorité lrl·s grande dans lonll'"- 1.,.~...malii•r('~. ~\Il' Ic1:.quPliL'~ s·r\'.<'n:ail ~on acli\'Îlt.'.' méthodique. Lui aussi a,a,t al,andonn, 0 (;ambclla dont il a,·ail N,' le lieutenant le plus actif. le plus intrllig-,•ntcollaboralcur. durant lag-ucrr<' franco-allemande. Contrr son :1ncien ehC'î. il tnC'nait un(' campagne ol,liqu<', sournoisr, mais féconde <'n résultats. ~on rùlt• <'Ill l•lt'· plus considt•rnble c.~ncorc si ü sa souples~<'. ü son habileté, à , ..s réelles capacilés, à son éloquence subslanliellc, claire, démonstratiH', il eut joint 1111 earactt··rc ferme. En n;alit1·•. le Parti ri•puUlicain l•lait f'orl fractionné cl c·i-tail dans !-ionsein un rC'nou,ell,·nwnl ince~sanl dïnll'igucs. de lullPs pour la conqlH'lc des porlrfcuille!--mini~h:riel~. l·.n drhors du Parlement, la propagande socialislf' sr poursui,·ait a,·ec nnlrur: <'f'JH·ndanl ~on :lspccl H' modifiait profondt~mrnl: de-mt'mr que dnns Ir Parti ri·pul,licain, drs <livi~ions se produisaicnl, pr(·judiciablf's c-erlain<'mcnl rtli\. pro~n·~ dP lïdl-P. La dodrinr nnar<"hish• avail lt•nlcmenl pénl'lré en :·ra1w1• d pnrmi lp-:. trmpl·rami•nt~ r{•volutionnaircs t.'•pri~de liiJPrlé rl impaliC"nl:-;'dt• i a,·lio11, Pli<' :naîl rr,·rulé drs adhérents donl l'acti,·iLi• élail grandt.' C"l donnait dt•~ rl·sullals, comnw ,•Ile en a,ail donné dlfl C"n!tnlic, eu Espagne, rn :--:rns~r. drpui,;;:, ln '-CÎssion qui s·6tail proùuilr dan~ lïnlPrnationale au Congrl•,;;:,<le La l luye. C'était la lullc engagée entre anarchistes t.'l socialistes r,·formistes ou révolutionnaires, tous adrncllanl du resle le collcclivisme ou le cointnunismc comnu:• doctrine fonùamrntalc. Tandis 11ue les socialistes, tout en afnrmanl leur atlachcmcnl il l'idée de lihrrtr, entraient résolumcnldans la voie <lel'aelio,1 politique pour la co1111uèlc par le prol{•tarial d<'S pou ,·oi,·s publics, les anarchistes p,·~chaicnl l'abstention, l'organisation en vue <le la destruction de la société bourgeoise dans son orgaue essentiel l'Elal. li ) ava,t dans celle propagande de quoi séduire certains lempér"ments ardents, certains ren·caux auxquels le socialisme ainsi con\U appara,ssail comme une doctrine peu compliquée el ne comportant pas d'études approfondies. Elle devait produire de funestes ellcts.
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