J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

IIISTOIRE SOCIALISTE '1.27 vives <lis<'ussions; à Marseille, par ï:! rnix contre ?.ï, le Conseil a<loptail comme but à assigner aux etlorts du prolétariat:« La collectivité <lusol, soussol, instruments de travail, malii•rcs premières, <lonnés à tous et rendus inaliénables, par la société, à qui ils doivent retourner». Cc ne fut pas sans a, oir entendu des ~onlradicleu1·s que les ,·ésolulions furent prises. Le citoyen Isidore Finance, ouvrier peintre, positiviste, que nous avons déjà trouvé participant à l'orgauisalion du Congrès international interdit par la police en !Si$, combattit avec con1·iction el laient la doctrine qui devait triompher, mais la cause de la propriété inuividucllc élail perdue ct·a,an!'e. Toutes les agitations <lu dehors a1·aienl une vive répercussion dans les milieux parlementaires; sur la question de l'amnistie le Cabinet allait se retirer el )1. de Freycinet, le ·J\ldécembre, prenait la pr~sidence du Conseil ne conservant que )Dl. Jules Ferry, Lcpè.-e, Cuchery; )1. Tirard était au Comnwree: )1. Cazol /t la Justice; l'3miral Jauréguiberry à la ~larine: le général Farrc à la Guerre; M. )lagnin aux Finances; )1. \\ïlson avail le sous-secrétai'ial d'Etat des Finances; M. Conslansélail sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur cl )1. SadiCarnot aux Travaux publics. Le progran11nc de M. de Freycinet comportait l'épuration du personnel administratif, la réorganisation de la magistrature, la loi sur l'enseignement, des projets de loi sur la presse el le droit de réunion. Les lois proposées par M. Jules Ferry el adoptées par la Chambre desdèpulés allaient ,·enir en discussion au Sénat. )1. Jules Simon devait les y combattre, ce qui ne surprit personne. Parmi toutes ces réformes en projets, une dcrnil l'ire réalisée cl sa mise à exécution déchainait une agitation cléricale comme ou n'en avail pas ,·u durant les plus sombres jours de l'ordre moral, nous voulons parler des décrets dissolvant les congrégations non autorisées; elles étaient au nombre de 500 environ. La Société de Jésus avait trois mois pour se dissoudre. Elle n'était admise à aucune demande d'autorisation. Les autres avaient un délai de trois mois pour faire les déclarations el remplir les formalités imposées. Cc fut une révolte générale du parti clérical, mais à l'exception de quelques points de F,·ance, partout une supr<'mc indifférence l'accueillit et la loi reçut son application. Suivant une expression populaire,« les congrégations chassées par la porte ne devaient pas larder à rentrer par la i'ent'lre "· En février 1889, se produisit un incident assez sérieux: un socialiste russe, Hartmann, élail arrèlé par la police française, sur l'indication et la demande du prince Orlofl, ambassadeur de l\ussie. li était accusé de complicité dans une tentative contre le tzar; il y avait une demande d'extradition formelle. Au point de vue politique, l'exlraclilion ne pouvait être accordée, conformémenl à tous les précédents. Pouvait-on, par un subterfuge policier el juridique à la fois, transformer en crime privé un crime politique? Le présidenl du Conseil se trouvait dans une situation difficile, parce que des préoccupations de politique étrangère se mêlaient à l'incident; déjà des hommes politiques tournaient leurs regards vers la Hussie avec le secret espoir de trouver en elle une alliée.

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