J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

JllRTOlll ls SOCl.\l ,JSTI•; sable comme vous envers le Parlement, j'ai une responsabilité envers la France dont aujourd'hui, plus que jamais, je dois me préoccuper». Il no restait plus à ~I. Jules Simon qu'à s'incliner, à romcllrc sa d<-mission, ce qu'il fil. L'émotion provoquée par la lettre du maréchal ful considérable cl rendit Loule la !'rance anxieuse. C'élail un retour soudain, oflensif, audacieux, de l'ordre moral <1uc l'on croyait à jamais enterré avec l'Ass,•mbléc :'\alionalc. Malg1·é1~menace qui planait, elle était grosse de périls pour la Prance et la République, il fout reconnaitre qu'il n'y cul pas une minute de découragement. Toutes les divisions du parti répul>licain s'apaisèrent comme par enchantement, cl sur tous les points du territoire la rfsistance s·organisa. L'union se manifesta le li\ mai au soir, dans la réunion des gauches, au (:rand-llùlel, à laquelle plus de trois cents députés assisl<'renl el où fut adopté un ordre du jour affirmant trois idées principales : ,. Rétabli,· une fois de plus les principes du ,gouvernement pal'lementaire sur la base de la responsabilité ministérielle scrupuleusement respectée; « Rappeler que la politique républicaine est la garantie de l'ordre el de la prospérité intérieure; « Résister à toute politique de hasard qui, sous l'influence de certaines agitations coupables, enlrnlcnues par je ne sais quel prélendanl, pouvait lancer la France, cc pays de la paix, de l'ordre cl de l'épargne, dans des aventures dynastiques el guerrières. • Le lendemain, devant M. Chrislophle, seul membre présent du Cabinet démissionnaire, M. Gambetta développa une inlerpcllalion, déposée par "· IJe,·oucoux el, par 34ï voix contre 149, un ordre du jour fut adopté qui disait« que la confiance de la mojorilé ne saurait Nre acquise qu'à un Cabinet libre de son action el résO'lu à gouverner suivant les principes républicains, qui peuvent seuls garantir l'ordre el la prospérité au dedans cl la paix au dehors.» A cet ordre du jour émané de la majorité des rnpréscntanls directs du pays. r-Ius par le suffrage universel, le Maréchal répondit par la Constitution d'un Cabinet qui élail un défi à l'opinion. Le duc de llroglie, l'homme de Loutes les intrigues louches, en était le président; le bonapartiste de Fourtou y tenait le portefeuille de l'i nlérieur; le reste, des comparses de peu de notoriété, mais pn:ls à tout. Le 18 mai, lecture fui donnée aux deux Assemblées d'un message présidentiel qui résumait, molivail la politique ,lu maréchal, son altitude; la défense du pays el de l'ordre contre le radicalisme menaçant! Le ton en élail net, comminatoire; il indiquait une résolution ferme. Après celle lecture terminée el afin d'éviter loul débat, communication fut faite d'un décret prorogeant le Parlement pour un mois. C'était du style Louis XIV le pins audacieux; après la lettre de con~é •i imprrlinenlr, -si peu mesu,·ée adressée à M. Jules Simon.

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