HIS'I'OIRE SOCIALIS'l'E lut, puis s'expliqua d'abord sur uu Lonmodéré. Soudain il se 1·edressa, sa voix prit des accents indignés qu'on ne lui connaissait pas. Déchiranl le journal, le jclanl violemrnenl à terre el le foulant aux pieds, il évoqua son passé el invoqua sa dignité, son honneur de vieux républicain, faisanl toutefois parade d'un respecl profond pour le <"araclèrc du maréchal-présidenl; de sa respe,;- lueuse admiration pour sa conduite politique! L'efîel de ces déclarations, surloul de ce gesle indigné ful considéral,le; les gauches applaudirent presque unanimemenl. A celle. discussion d'un caractère' el d'une importance décisifs il follait une sanction. l'n ordre du jour ful déposé par MM. Leblond, Laussedat et de Marcèrc, li n'y avait pas le mol confiance; il se bornait à demander au gouvernement, en termes lri·s nels, <l'use:· des moyens légaux dont il disposait pour calmer les manifesta lions ultramontaines, agitation antipatriolique qui ne pouvait que compromellre 1a sécurité intérieure el extérieure de l'Etat. Le préside:1l du Conseil se lrouvail dans le plus profond embarras; il densanda que le mot "confiance• fut introduit dans le texte. t:n refus formel lui ful opposé par M. ,Gambella cl il d,ll se résigner à accepter l'ordre du jour qui fut adopté par ~(j voix. contre 11-1. Dès lors la perle du cabinet élail résolue, L'occasion propice ne devait pas larder à se présenter, Le l:i mai venait en discussion la loi sur la presse. L'avis de la Commission était d'abroger la loi de 18i5 due à M. Dufaure. Le maréchal avail demandé au président du Conseil de comballl'e l'avis de la Commission et de défendre énergiquement la loi visée. M.. Jules Simon s'y était engagé, mais il se montra hésitant el c11(in de compte, malgré les ellorls de M. Gambclla que préoccupait une crise prochaine, l'abrogation de la loi fut volée par une forte majorité: 37i voix conlt·e 5:i, Cet échec irrita fort le président qui, le 1Gmai, adressait au président du Conseil une lellre qui n'était autre qu'une demande de démission, un congé lrès catégorique. Voici le passage le plus saillant de œ documer.1, premier acle d'un coup d'état qui devait si misérablement avorter : « J'ai vu avec surprise que ni vous ni le Garde des Sceaux, n·a,•ie, l'ait valoir à la tribune Ioules les graves raisons qui auraient pu pré~cnir l'abrogation d'une loi sur la presse volée, il y a moins de deux ans, sur la proposition de M. Dufaure cl donl tout récemment vous demandie,, vous-mème l'application aux tribunaux, cl cependant dans plusieurs délibérations du Conseil el dans celle d'hier malin même, il a,•ait élé décidé que le président du Conseil cl le Garde des Sceaux se chargeraient de la combatlre. " Celle allilude du chef du Cabinet fait demander s'il a coose1·vé sur la Chambre l'influence nécessaire pour faire prévaloir ses vues. " L'nc explication à cel égard est indispensable, car si je ne suis pas respon•
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