JIISTOIHE SOC! \l,IST8 201 Le coup est direct cl pour l'(èncr le présidcnl du Conseil pris entre son passé de républicain, de philosophe cl une silualion politique à défendre. JI ne serait pas géné, sïl n·y avail que la Droite cl il ne manqucrail pas de faire Ioules les concessions; elles lui co,Heraienl forl peu, du resk; mais il y a les Gauches; uoies, elles paraissenl résolues; si elles sont minorilé au Sénat, elles sont majorité notable à la Chambre; derrière clics, plus ardentes qu·ellcs, marchent les masses cita,Iincs cl les masses r~ralcs de la grande majoriL(, •lu pays. La p~liliquc a un présent; elle a aussi un avenir. Comment s·oricnlcr pour ne eompromellrc ni le présent ni l'avenir"! li demande que la question soil jointe à lïnlerpcllation des Gauches que va développer }l. Lcblond qui esl armé d'un formidable dossier. ~!. Jules Simon p.-ononcc un discours durant lequel il essaie de satisfaire tout le monde. Aux Droites il parle de son grand respect pour la rclig,on cl ses ministres; aux (,auchcs il parle du respect de la loi égale pou1· lous; il ne peul que blùmcr les exagérations de langage qui carac-• térisenl trop souvent les polémiques entre catholiques el républicains. Toute la Chambre était perplexe el ne savait quelles conclusions tirer d'un tel ensemble d'artifices oratoires. Mais la question se posa neltemenl le lendemain quand M. Gambetta, à qui M. Jules Ferr·y a,·ail cédé son tour de parole, dénonça l'altitude dl> clergé uni au,, haul personnel de la politi,1ue réactionnaire» pour livrer assaul à l'Elal, pour y faire,, brèche au nom de la religion». Et sa conclusion ful foud,oyante: «Oh! ce 1t"cst pas lïnlérèl de l"Elal qui vous agile, c·esl le besoin d'influer sur les élections. Les élcclio11s! vous vote, donc, vous avouez donc qu'il y .a une chose qui, à l'égal de l'ancien régime, répugne à ce pays, répugne aux paysans de France, c'esl la domination du cléricalisme ... mus avez raison el c·esl pou,· cela que du haut de celle tribune je le dis, pour que cela derienne précisément votre condamnation devant le sufTrage universel cl je ne fais que traduire les sentiments du peuple de France en disant du cléricalisme ce qu'en disait un jour mon ami Peyrat : Le cléricalisme, voilà l'ennemi! L'efTet de ce discours, de celle véhémente pé.-oraison, ful lei que la séance se trouva suspendue. li n'élail plus possible de faire entrer en ligne des expédicnls, des faux-fuyanls, des artifices oratoires. li fallail des explications précises, une allilude nelle; le président du Conseil était mis en demeure d'opter entre les républicains ou les réactionnaires. C'était peu dans son lempéramenl, mais il étail impossible d'éloigner la coupe d"amcrlumc, d'aulant plus que, dès la rentrée en séance, ~J. Bernard Laverguc, un modéré t'il en fut, intervint à son tour pour demander des cxplicatious sur un arliclo d'un journal royaliste el surtout ultramontain, La Dé(rnse, qui faisait plus qu'insinuer, qui affirmait que le Président du Conseil avait été mis en demeure de rompre avec les gauches sous peine de se voir contraint de quiller le pouvoir. M. Jules Simon, il l'affirrnail, du moins, n'avait pas eu connaissance de cel article; M. Bernard Lavergne n'en avail pas donné lecture à la Chambre; il le
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