' 1-tISTOIRE SOCIALISTE du Ji, mars. Les difficultés, duranl cinq mois furent nombreuses, elles porurenl parfois insurmonlablesel, loulcfois, )1. Jules Simon sul toujours les tourner, lanl sa souplesse élail grande. l"no partie de son cabinet ogissail dans l'omllre conlre lui, entre autres le duc Decazes qui, Je !"aveu m~me de ses amis ou partisans, conduisait en dépit de la logique el du bon sens la politique extérieure de la France, parliculièrcmcnl dans les affaires financières du canal de Suez qui allaient biei1t.)l poser la question d'l::gyple, source de préoccupations graves durant des années. l"nc crise avait failli éclater du rail du retard apporté à communiquer ln dépèche annonçant la domission de )lidhal-pacha. retard qui ful allribué à la volonté bien arrèlée de faire un coup de bourse fructueux. üans le Parlement cl au dehors, tandis que du cùlé des consen·aleurs on disait que son cabinet élail aux ordres de <.iambella cl de ses amis, du côté gauche on 111sinuailqu'il suivait trop l'orienlolion des cléricaux cl, suivant que les al laques se prononçaient, se précisaient, )1. Jules Simon en pilote expérimenté barrait à droite ou à gauche. En somme, le ministère élail ,isé de tous eôlés, el le )laréchal le lenail en particulière défiance, se laissant aller aux insinuations, aux conseils des chefs militaires, des hommes les plus influents de la Droite cl, surtout, du parli clérical. Le J;1 mors déjà, le président de la République déclarait au cardinal de Bonnechose quïl était résolu à ne plus faire de concessions. Cependant le parti républicain esl frappé, inquiet de la rcen,descencc de l"agilalion cléricale qui, él'idemmcnl, est attisée par le Yalican irrité de cc que deux ministres du )laréchal se sont rendus en llolie cl se sonl mis en rapports ouverts a\'CC les ministres du roi \ïclor-Emmanuel; ces deux ministres sont le président du Conseil cl le minisl.-c des 1-'inances, ~I. Léon Say. Les gauches se sont unies pour demander des cxplicolions au goU\ crnemcnl sur les menées ullramonlaincs, caraclérisanl ainsi la parl lri.-sgrande d'un élément étranger dans la politique intérieure dn pays. C'csl le a mai que do1l avoir lieu l'inlcrpellalion, mais ~I. de )!un prend les devants el avanl qu'un des trois inlerpellaleurs aienl pu prendre la parole, il questionne le président du Conseil sur l'indifTérencc coupable arlichée par le gou,·crnemcnl , is-à-vis du déehaincmeol d'injures cl de blasph(·mes <1uia marqué l'alliludc de lp presse r(·publicainc el des orateurs dans les banquets organisés par les libres-penseurs sur plusieurs points du territoire, durant la semaine sainlt: « Je dcmanM. dit l"oralcur calhol11Juc, au gouvernement s'il enlcod accepter un solidarité ,,uclconque avec les organes de la majoril(·. Faul-il vous rappeler que, pendant celle semaine que, d"un bout du monde à l'autre, des millions de chrétiens appellent • la semaine sainte "• il y a eu, dans Loule celle presse, comme une fureur d"i1npiélé qui a fait frémir de honte el dïndignalion tous ceu, qui res• peclenl encore la foi de leurs pères el c1u'ilen esl encore ainsi chaque jour, sans qu'une voix s'élè,e dans les conseils du gouvernement pour venger le Oieu des chrétiens} •
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