J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCIALISTE 1îl Comnw cela a, ail élé pratiqu,•, non sans un grnnd succès, en 18IH,apr,'s les journées de juin cl à la veille du coup cl'l~lat, aussi vers la fin M l'Empin·, même par les répubhcains, on allai! exploiler les m,'mes artifices, les nu'me, injures, l<"smên'lrscalomnies. Avre une unanimill· louchanlccl <'araclfri..,tiqnt•, cOnservateurs monarchistes ou Uonaparlisles el c·on~C'r\"aleurs rl'pnhlicains allaient le présenter comme 111d1anger commun pour le pays, pour l'ordn· l'i ln propriéttl. De cette situation naissaient. pour les propnga11distes. déjà Jl<'U nom• hrcux et ne disposant que de moyens fort rcsti·cinls, pour ainsi dire nuls, d'énormes difficultés malériellcs el morales . .\éanmoins, d(•jà, a11moment oil. Ioule fr~le, plutôt prt'le il. les mordre qu,, leur sourire, la Hé·publiquc, agissait. Pmmaillotée dans une Constitution monarchiste, les propagandistes, tout en s'aflirmanl républicains ,·ésolus à tout pour combattre cl écraser les pal'lis conservalcnrs monarchistes, commenc:ai<'nl à conquérir des cen·eaux prolètariens. Leu,· theme élail simple : la Hépnblique ne doit pas seulement pro<'lamer des droits: elle doit en fa<·ililcr, en ga1·anlir l'exercice complet. Le 111·(•mier droit humain est de vivre, de se di•,·cloppcr inlégralenwnl. :\ ul n'a le droit de \'ivre au détriment du tra"ail des autres. Toul être qui est apte à lra\'ailler doit jouir du produit intégral de son tra\'ail. ses charges sociales t<tanl a.:'luitlées. Toul être qui n'est pas apte au lia\'ail, enfant, infirme. ,·ieillard doit J>Ouvoir \•ivre au mème titre el dans les mt'mes <·ondilions que lc!-iautre~. La cause de la misère, de l'incertitude dans icsqu,•llcs régète el rnuffrc le lra,·ailleur se lrou\'e dans ce phénomi•ne que les moyens de produire, capitaux, matières premi,'res el instruments de lra"ail sont possédés par d'autres que par lui; qu'il est obligé, sous peine de ne pas travailler c·esl-à-dire de mourir de faim, de louer ses bras et sa capacité professi?nnclle, aux conditions fixées par les employeurs. C!·s conditions sont déterminées par les bénéfiées nets rècherdiés par les employeurs el pa1· ses frais généraux, parmi lesquels !igun• le salaire nécessaire au travailleur pour vivre, continuer son travail el se reproduire. L'évolution économique, le dé,•eloppemcnl du lllachinisrnc, la création de grandes usines, la ,·onstilulion de sociétés ünanoii-res dans un but industriel ou commercial, ont modifié, quant à l'aspect et à la réalité, la propriété. li s'opère une concentration de plus en plus grande des capitaux et des moyens de produire qui ont trnnsformé le patronal lui-même. Au fur el à mesure que s'accomplit celle concentration, dont un des résultats est de donner des produits à meilleur marché, se constitue une féodalité de plus en plus forte entre les mains Je laquelle passe toute la fortune publique; les raogs du prolétariat proprement dil grossissent du nombre des petits patrons qui ne peuvent résister à la concurrence mieux armée el mieux outillée, maitresse de tous les marchés. li faut donc transformer, au profil de tous, en, propriété sociale, la propriété qui est devenuc nu deviendra féodale. Pour aU4:indre ce r~sultat, il faut que les tra\'ailleurs se coostituent, sui-

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