lï2 llISTOIRE SOCIALISTE vanl le principe énoncé par le programme de l'i nlernalionalc, en un parti de classe distinct; qu'il con<1uière, comme parti de classe, le pouvoir politique qui permellra d'opérer - pacifiquement ou révolulionnairement, suivanl les circonsta:1ces - toul ou partie de la lraosfonnalion du r~gime propriétaire. Donc, sur le terrain politique, de n.~me que sur le tertain économique, conslilulion d'un parti distinct qui combattra tous les partis politiques bourgeois. Puis, nécessité pour le prolétariat de divers pays de se fédérer pour former un grand parti international. Telles étaient les grandes lignes du programme des premiers propagandistes: souvent, l'exposition manquait de clarté, parfois de tact el provoquail de vives résistances, des réfulationsqui produisaient grand efîel dans la classe ouvrière tenue en grande défiance. Cependant, parmi les syndicats ouvriers, la semence ne reslail pas sans germer. Peu à peu la doctrine allait se préci3er el en se précisant faire Je précieux adhérents, mais les progrès du socialisme Jc,·aient t'l.-c ralentis par les crises politiques à l'intérieur el les complications gravc-s de la poliliquc extérieure. Le danger bonapartiste était apparu lors des élections de la Xièvre el du :\on!; le docurncnl produit par )1. Girerd avait viremenl frappé les esprits, el les cléclaralions de M. Léon Renault, préfel de police, avaicnl révélé que la faction césa,·ienne avail pu lronvc,· des complices jusque dans l'entourage du maréchal-président. Or, la conspiralio,~ n'étail plus douleuse depuis le '!;', février. Au cours de la séance dans laquelle la Conslilulion avail élé adoptée, M. Sa'"'•ry, au nom de la Commission d'enquêle, a,•ail fait juge l'Assemblée nationale de l'étrange, inquiélanle attitude du ministre de la justice M. Tailhand, qui se refusa il à lui donner communication de l'enquN<• judiciaire cl, à son rapport., )1. Sal'ary avail annexé le rapport si concluant dn Préfet de police. La conspira lion élail indéniable; elle avait une organisation soli<le; des ramificalions partout: clic exploitait auprès des masses campagnardes celle idée que le maréchal de ~lar-Mahon « devait ramener le prince impérial sur le lrùne ». On était prèl à agi,·, quand l'heure parailrail propice. li faut noter que dans la noie du Préfel de police, il élail queslion d'une certaine action des Comités bonapartistes concertée avec des socialistes, soit de Paris, soil parmi les proscrits. Chaque parti compte ses larés el ses imprudents el, sans doute, y avail-il du l'rai dans la noie du Préfet de police, mais en général clic (•tait fausse à cc poinl Je vue, car le parti socialiste csl républicain par essence, par principe, cl il a trop souvenl lullé contre le pouvoir personnel, contre le césarisme, pour que de telles accusalions soient cxacles. li y avait là un élémenl de polémique dont devail largemenl user le parti républicain bourgeois contre le parti socialisle renaissant, avec la mauvaise foi qui, ll'Op fréquemment, caractérise les luttes politiques. Le maréchal de Mac-Mahon se ll'Ouvail dans l'obligation de constituer un nouveau ministère; le Cabinet de Cissey avait subi lrop d'échecs pour qu'il put
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==