J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

lï0 HISTOIRE SOCIALISTE manu-u, r<'S pour reeonquéril' le terrain p"rdu parmi les masses populaires, la nrnjo,·itè du part, ,·épublicain ,·a ncllemenl se rappl'ochcl' du Ccnll'C gauche, abandonn<•r les principaux articles du progrnmme classique, sous couleur de Il(' pas trop heurter de f'ront les timidités de celte Franec qui, naguère plébiscitllirl' j11s•tt1:1l'abc1Tation. semble n'avoir Hé f'ropp~c que par les désastres de la g-tH't'l'C el se;; funestes conséquences. li y avail là, à côté d'une cel'lainc pa,·l de, érit(,, une grosse part d'erreur. En cflcl, à cha<JuCfois que l'occasion s·rn présentait, le suffrage universel se prononçait avec énergie pour la République, l<'s progri•s des radicaux. qui pl'éoccupaienl les modérés, con~liluaienl les prNnes mnnifcsles<l<'sprop-r~sde l'opinîon cL mêmc1 à les bien analyser. dans la pluparl des déparlcments oit venaient d'être élus des bonapartistes, leurs succès étaient dus à l'hal>ilelè avec laquelle les agents césarieos avaient su exploiter les impatiences démocratiques. D'autre pari, à la g-auche de cette majorité du parti républicain qui s'orientait à droite, se formait lenlcmenl une exlrème-gauche varMe, d'aspect intransigeant, radicale au point de vue politique, ne repoussant m~me· pas, à l'occasion. l't·liquclle socialiste, mais prêle à combattre ouverlemenl ou obliquement l'idée socialiste proprement dite qui commençait à reparaitre el à faire des prosélytes pa,·mi la classe ouvril-re, à recrnler quelques adhérents jusque parmi les fils de la bourgeoisie; ils étaient peu nombreux, il faul se h.\lel' de le dire; ils étaient mème fol'l rares el n't,laicnl pas sans éveiller de grandes méfiances. La classe ouvl'ière, celle de lïnduslric, commençait de sortir de sa lOl'pN1t',dr reparaHre dans ses syndicats, mais elle se bornait, el on s'allachail à l'y mainlenir, à étudier des questions d'ol'dl'C purement professionnel et de mutualité. Elle semblait vouloir se tenir à 1'écal'I de la politique, se bornant à affirmer ses sentiments républicains. ~I. Ba,·bcret, dans les colonnes du Rappel, la tenait dans celle voie avec ténacité el une certaine habileté. Toutefois, elle était travaillée sourdement par ses aspirations, ses besoins impérieux, d'autant <JU'à la période de travail inlense qui avait suivi la conclusion de la paix, allaient succéder des crises économiques partielles, des crises 0nancièl'es dont la répercussion allait l'alleindrn, l'amenel' à réfléchi!'. Or, landis que les circonstances allaient créer en elle un étal d'àme fait d'inquii•ludes, de préoccupations positives, d'aspirations vives, mais indéfinies, le socialisme allait reparaitre, mais sous un aspect nouveau. Débarrassé du sentimentalisme ,•aguc, troublant, qui l'avait jadis si répandu, 'le condamnant à l'impuissance el aux déceptions dans nolre pays généreux, par dessus tout « f'ralernilaire », il allail apparallre, méthodique, posant le problème social a,ec une grande clarté, le dégageant des faits économiques eux-mêmes. C'était une ,·érilal,le doctrine scientifique misr à la portée de tous, applicable on vertu mème de l'évolution des phénomènes parmi lesquels vil l'humanité cl, comme application, proclamait la nécessité de l'action par les intéressés eux-milmes el non par d'au Ires.

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