J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCIALISTE l(fü La discussion s'engage; chaque parti fait donner ses meilleurs orateurs; les légitimistes cl les bonapartistes font entendre d'énergiques protestations el présagent les plus grands malheurs pour la France; en vue d'intimider les hésitants, les timorés, on fait circuler des bruits de coup d'l~tal militaire. Hien n'y fait : le '25 février, le projet de loi est voté par 4?:, voix contre ?;; J. ,\ l'exception de MM. Tilhand et Baragnon, tous les ministres onl ,·olé " pour »; le duc de Broglie lui-mème, apr~s bien des hésitations, cédant aux instances du duc llecazes, s'est rallié. Avec M. Jules (;révy, inflexible, )Dl. Louis Blanc, Barodet, Edgar (Juinet, )ladier de )lontjau, )larcou, Pe.i ral, Ordinai,·e, Escarguel, intransigeants, se sont abstenus. Hien n'a pu les fléchir. La Hépublique est organisée, jusqu'au prochain et non lointain Coup d'Ùat parlementaire qui mettra à nu les défauts de la Constitution et, malgré tout, démontrera que, toute chétive. elle sert de suffisant rempart aux institutions républicaines. CIJAPITI\E XXI\' Role de la Co11slilu/io11. - La réaclio11 co11ti11ue. - Le Parti socialiste el sa propaga11de. - La classe oui•n,·re. - JJrincipa/es idées directrices. - La conspiratio11 bonapartiste. - l.c rapport Savarv el la 110/edu Pré/'el de police. - Le cabi11e/ JJ11j}el. La France est dolée d'une Constitution dont on a le droit de dire qlle, si l'on ne juge la situation que sur des apparences, clic peut, comme le' sabre de Joseph Prudhomme, sen ir à défendre les institutions républicaines et, au besoin, à les comballre '. Elle ser\'ira d'abord à les combattre, puisque c'est entre les mains de conservateurs avérés cl de républicains défaillants que va reste,· le pouvoir. Car, pour une victoire remportée, la partie est loin d'ètre gagnée; la réaction est encore maitresse dans l'Assemblée; !'Exécutif, jusqu'à ses plus infimes agents, est antirépublicain; l'armée est hésilante, la majorité de ses chefs hostile, elce facteur politique, si hésitant, le clergé, est aclif, audacieux, plus remuant que jamais, prêt, du reste, à chantet le Te Deum triomphal pour la faction qui réussira à étrangler la « Gueuse». Pom la première. fois, depuis la Hévolution française, c'est le pays qui va agir par lui-mème, s'engager dans une voie où nul ne pourra l'arrèter. El, cependant, quels efforts seront tentés pour modifier son orientation! Tandis que, dans le domaine politique, la réaction va tenter de suprèmes

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