J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

lllSTOIR.E SOCL\LJSTI.: 16ï rl de démocralic; nous vous a,ons donn(• le droit <l<' dissolution, <'l sur qui·! ~ur !a na.lionellc-mt'm<',au J,,ndrmaindu jour oi1 dl<· aurait rendu son YCl'(licl '. . le Cal,inet s·est pr(•cipité dw, le mnr(•clwl el il en est rc1·e11u avec une dt"•cla.-alion. Il ,ous l'a lue: l'a-t-il .-ommentfr, Pxpliquéc • a-l-il apporté un argunl('nl, une raison pol1liquc·! ~on, il s·rsl ,·adu'• derrière celle épée cl il vous a fait votrr ! <( ELmainlcnanl ,oic-i cc que j'ai il vous dire: .Jesais - pardonnc-1.-modi e froisser ,·os illusions - je sais quïl rn est encore parmi ,·ous qui pouF-sf'nl cet esprit de sagPssc cl cle transaction politique jusqu'à l'héroisrnc el 1p11 croient pouvoir encore rencontrrr tians drs ra11gsoi1 ril'n de soli<lr ne s'est prrsrnlé, des auxiliaires pour celle œuvre impossilllc; oui, je le sais. Eh bien, cxpérimenlcz vos illusions, la déception ne lardera pas à venir. Jusqu'à prés~nl nous vous a,ons donné des gages - je l'ai dit el je le mamliens - plus lard on nous jugera, cl on nous jug~ra moins shi·rement, malgré les l'autes que nous a,ons pu commcllre, qut'· ,·ous ne serez jug-l~Svous-mt'mes. Plus tard on dira que YOUS avez manqué la seule occasion pcul-ètre de faire une Hépubliquc ferme, légale el modérée ». Comme nous l'a,·ons d,'jà dil, l'impression causée par cc discours ful profonde, mème su,· la droite qui comprit que le pays ratifierait le jugem,•nl porté par )1. Gambella. Ce discours, d'une grande habileté sous sa forme v,-héownle, disail aussi les sec,·èles pensées du tribun. Il avail parlé de« l'occasion de faire une Hépublique ferme, légale el modét'ée », la Hépublique qu'il r,'vail conscr- ,alrice, car c'était vraimenl un conservateur ri·publicain, adversaire du socialisme, estimant que certaines salisfaclions données à la toute petite bourgeoisie cl aux travailleurs sufliraicnl largemenl lt leur faire pren<ll'e en patience leurs soullrances, leurs misi'rcs. El, sans doute, considérée dans son cnsemLl,,, la bourgeoisie fran~aisc commit-elle à c!'lle époque, par l'organe de ses représentants, une série d,• fautes capitales en ne mellanl pas de côté ses vaines divergences politiques pour se grouper, sous l'éliquclle républicaine, en un parti solide, uni, ,·ésolu à aborder cl à résoudre quelques problèmes destinés à donner cerlait1es satisfaelions à la classe ouvrière, c'est-à-dire à créer à son profit, pour la défense pins aisée de ses inlérèls économiques el sociaux, de véritables soupapes ile sùrelé. Ne lrouve-l-on pas quotidiennement, dans les Conseils d'administration des sociétés financières, des grandes ou -moyennes entreprises industrielles, côle à côte, frnleruellemenl unis pour la culture intensive de leurs capitaux, pour l'exploilalion de ceux qui ellcclivcmenl les mellenl en ,aleur, descendants de cl'Oisés, petits-fils de chouans el d"émigrés, petits-fils de « bleus • el bonapartistes de marque·> Le géu~ral de Chabaud-Latour répondit à l'orateur de la gauche; il se montra moins arrogant, moi11ssec que le duc Decazes; il parut mèmc à certains trop conciliant: « '\ous ne pouvons que voir surgir a,ec sympathie,

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