HISTOIRE SOCIALISTE des déclarations peu faites pour Nre agréables aux conservateurs: à )1. Testclin, ancien commissaire de la Défense nationale cl aux députés du :Xord. le 11 septembre, il <lisait« qu'il entendait appeler à lui les hommes modérés de tous les partis ». C'est au cours de la session ourerle le 5 janvier 1s;:; que <lcrail s'engager la laborieuse, chaotique rencontre d'où allait sortir une conslilulion, républicaine seulement <lenom, volée par une maiorilé pour ainsi dire impcrccplible, mais dont néanmoins lïnflucncc devait èlre aussi considérable qu'heurcusc sur les destinées de la France. Tous les groupes avaient pris position, chacun arec l'espoir de tirer le plus grand profit du débat. A droite, les légitimistes restaient sur leur terrain d'intransigeance; ils avaient la sensation bien ncllc et trèsjuslifiée, du reste, que les orléanistes manœu\'J'aicnl en vue de les duper; les bonapartistes escomptaicnl l'imprévu; se faisant des illusions sur leurs récents succès électoraux el l'acti,·ité de leurs comités, ils estimaient qu'une crise grarc surgissant leur permettrait ,J'agir; ils en étaient capable$, nul ~crupule ne pouvait les arrClcr dans leurs calculs. Les orléanistes, eux, dans la droite, étaient la grande majorité cl ils avaient toujours l'espoir que le centre gauche pourrait leur revenir, chaque manifestation électorale accusan! les progrès du« radicalisme ». Quant au part, républicain. tout désireux qu'il ful de voir la République devenir la définitive forme de gouvernement, il se montrait, comme nous !'allons constater, fort divisé sur des points lrès imporlanls. li se subdivisait en trois groupes, le Centre qui suivait l'orienlalion tracée par ~I. Thiers:« la l\épublique sera conservatrice ou elle ne sera pas». la Gauche proprement d,te manœuvrant sous la direclion à la fois souple el impérieuse ùe ~!. Gambella; enfin l'Exlrème-gauchc de formation récente qui, se tenant plus sur le Lerrain des principes traditionnels du programme républicain, trouvait que )1. Gaml,clla cl ses amis se rapprochaient trop du Centre, faisaient trop de concessions aux modérés; composée d'éléments forl divers, elle arfirmail sa volonté ùe ne pas fléchir dans ses revendications. Pour tous les partis, la situation parlementaire devenait plus délicate que jamais, en cc sens que la plus légère faule pouvait compromcllre la solution chère à chacun d'eux. Elle n'était pas moins délicate pour le gouvernemenl, président de la République cl ministère. Le pt·ésidcnl avait réclamé la slabililé sans laquelle, avait-il solennellement arfirmf, il rnanqnait d'autorité pour accomplir sa mission, d'où nécessité d'organiser; mais organiser quoi·? le pro,·isoire, disaient les membres du ministère représentant les droites, qui ue pouvaient manœuvrcr qu'à la faveur du provisoire. Parmi les plus importants ronciliabulcs tenus en vue de concerter une ligne de conduite, il importe de signaler celui lcnu à la présidence même, le maréchal présent, dont le bul élail de ramener le centre gauche vers la droite. Il échoua el la bataille s'engagea définiti\'cmcnl.
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