J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCIALISTE Ln prcmii·rr question qui se po&ael su,· luqucllc, tout nalurcllcmcnt, devait sr grcll'or le Mlrnt con~litulionncl, fut celle relative à la création du Sénat. l'ou,· tous les partis qui allaient se lrOtl\·er en présence de problèmes politiques exigeant des solutions précises, clic avait une importance capitale; clic en arnit une considérable pour le maréchal-président. Pouvait-il rester, pournit-011 le laisser désarmé en pt·,·srncc d'une seule Chambre souveraine, alors que l'é\Olution du sulTl'Oge uni,erscl y préparnil une minorité conservatrice de plus en plus réduite·? El si, pour un motif ou pour un autre, l'Assemblée nalionalc ,cnait à se dissoudre, - malgré tous ses désirs, elle ne pouvait se prolonger tn's longtemps, - que deviendrait-il en face d'une Chambre dont la majorité serait f'ertainemenl républicaine·! Or, le maréchal de Mac-Mahon devenait déjà suspect aux droites el sa situation élail extrêmement délicate; son entourage cl lui s'en montraient préoccupés. C'est de ces préoccupations que s'inspirait le message lu à l'Assemblée par Ir ministre du commerce réclamant la mise à l'ordre du jour, dans le plus brcf délai, de la loi relative au Sénat. li n'en fallait pas davantage pour mettre en émoi tout le monde par!emenlairc; c'était la première escarmouche d'une grande cl décisi\'C bataille. La question allait se poser entre la Hépubliquo el ln Monarchie. C'est avec anxiété que le pays tout entier s'allacha ù suivre les comptes rendus des séances qui allaient se succéder. La Commission des Trente n'était pas restée inactive: bien des intrigues s·y étaient nouées; son président, ~I. Balbic, monta à lu tribune pour dcmanucr en son nom la mise à l'ordre du jour des deux projets do lois rclntifs an Sénat el à l'organisation des pouvoirs publics qu'il considcrail comme élroilcmcnl reliés; toutefois, il déclara que la Commission acceptait que la loi sur le Sénat fol disculée la première. Mais MM. de Labou laye et· Jules Simon firent des interrogations gênantes. Pour quel gouvernement veut-on organiser le Sénat·? Avons-nous oui ou non une Hépubliquc ·! Le ministre de l'iolérieu,·, le général de Chabaud-Latour, avec une rondeur et une candeur Ioules militaires, Mclaro que le Sénat doit ('Ire organisé pour le septennat. li n'en faul pas ùavanlagc pour qu'une majorito faite des gauches, du cenlre-genche cl de l'cxlrèmcdroile légitimiste qui se sent jouée par les orléanistes, refuse la priorité au projet de loi sur le Sénat. C'est un échec grave pour le président de la République; c'est la chute du cahinel qui démissionne mais est prié de· rester en ronclions, en attendant que la situation plus ncllemenl dessinée permette de former un autre ministère; il va supporter le poids trop lourd pour lui d'une série de discussions les plus compliquées, les plus violentes qu'enregistrent les annales parlementairc,s. l)uranl une semaine environ, le débat esl suspendu; tandis que l'Assemblée s'occupe à l'élude de l'importante loi militaire des cadres, les stratégisles de droite cmploicnl leur temps à manœuvrer; des conciliabules se tiennent; les princes d'Orléans y jouent un rôle très actif; il faut prend re une allitudc nette

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