J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCIALIS'rE L'Assemblée nationale s't,llachait à l'élude des prol,lémcs conslitutionnt>ls; il n'était plus possible de les é"itcr, de les ajourner; chaque élection disait la volonté nette du corps électoral. Gne nouvelle manifeslaliun du comte de Chambord allait, une fois de plus, déjouer les manœuvres des droites; elle n'eut que celte importance, notable cependant, car clic ne trouva d'écho pas plus dans la bourgeoisie que parmi les masses populaires. L'infortuné prétendant abandounail, celle fois, le lon intransigeant qui lui était familier cl avait fait le désespoir de la majorité de ses partisans. C'élnil un manifeste tout de transactions, de concessions: « Je connais, disait-il, toutes les accusations po,·tées contre ma politique, contre mon altitude, mes paroles el mes actes. « li n·esl pas jusqu'à mon silence qui ne serve de poétexle à d'incessantes récriminations. Si je l'ai gardé depuis de longs mois, c·esl que je ne voulais pas rendre plus difficile la mission de l'illustre soldat donl l'épée vous protège. « ~Jais aujourd'hui, en présence de lanl d'erreurs accumulées, de lanl de mensonges répandus, de lanl d'honnêtes gens trompés, le silence n'est plus permis. L'honneur m'impose une énergique protestation. • En affirmant que je ne rétractais rien des déclarnlions sans cesse renouvelées depuis Lrenlc ans, dans les documents officiels cl privés qui sont dans toutes les mains, je comptais sur l'intelligence proverbiale de notre race el sur la clarté de notre langue. « On a feint de comprnndre que je pla~ais le pouvoir r0)31 au-dessus des lois el que je r~vais je ne sais quelles combinaisons gouvernementales basées s1,1rl'arbitraire et l'absolu. « ;'ion, la monarchie chrétienne el française est dans son essence mèmc une monarchie tempérée qui n'a rien à emprunter à ces gouvernements d'aventure qni promeltenl L1ge d'or et conduisent aux abîmes. « Celle monarchie tempérée comporte l'existence de deux Chambres dont l'une est nommée par le souverain dans des catégories déterminées, el l'autre par la nation selon le mode de suflrage réglé par la loi. « F,·ançais, je suis prêt aujourd'hui comme je l'étais hier. La maison de France est sincèrement, loyalement réconciliée. Rallie,-,·ous, confiants, derrière elle ! ,, Publié par le journal légitimiste l'U11io11, s'il n'émut pas l'opinion qui en avail lu d'autres plus hautains; ce manifeste n'était qu'une verilable capitula•• lion ~le drapeau blanc n'y figurait plus et le maintien des vieilles, intangibles traditions en était éliminé, mais il eul une très forte répe,·cussion sur la polili(]UCparlementaire, Comme le ca, acière des pouvoirs confié,; au maréchal de !\lac-Mahon, malgré la grande déférence affichée, éta,l mis en cause cl en doute, au risque de décba!ncr la colère dos légitimistes, ['/;r,wn fut suspendue

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==