J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

130 HISTOIRE SOCIALISTi,; --- -- -------------------- le~ aulrrs communes, lrs rnai:·cs étaicnl chargl-s <h...la pol11•p, sous ln f(•rulr du prffcl el du sons-pr(-frl. Dans chaque déparleme11t, IP repn\senlanl du pou,oir C<'nlral a,nil d1rrclC'lllrnt sous SPS ordrc-s cl à sa di~c-rPlion, commr nomination ou n'-voC'alîon,tous les agents dr police appoinli·s d'oHit(' par le· buJg(•l communal. rharg'c pour <'erlainr-:. municipalités !-OUVC'nl trop lourde. ,\ propos de cr projet, le gouvrrnrmcnt faillit éprouver un g-rave échl'C UO à lïniliali,·e <f,,s téµ-ilim1sles c1ui ne pou, aicnl lui pardonner la constitution du Septennal el 1·élirnination du cabinet d<·d,•u, de leurs coreligionnaires, MM. de la Bouilleric f'l Ernoul. Dès la rcnlr~e d,· l'Assemblée :S.alionale, le 8 janvier 1Si 1, ~I. de Franclieu, un des plus irri·dutlibles ,, chevau-légers», avail déposé une motion lendanl à l'ajournement du projcl de loi cl la p1oposilion avait 6lé adopté<• par 268 voix contre 226. Le ministèrc• était mis <'n minorité. Allait-il succomber·~ :\on, c·ar quoiqu'il eût immédiatcmcnl remis sa démission, une manœuHe habile allait restaurer son crédit pour quelque temps encore. Le li, c·est-à-dire trois jours après, le rappel des clép,Ms de la droite ayanl élé ballu sur une interpellation « amicale » de ~I. de Kerdrel, désavouant )J. de Franclieu, la majorité fai~anl confiance au cab,ncl, la loi sur les maires élail remise à l'ordre du jour. Le premier discours fui prononcé par ~I. Louis lllanc. L'a,:icien membre du gourcrnemenl prorisoire de 1818, qui éta1l resté sur son sièi;e durant la Commune, prit la défense des com1nunes de France contre les entreprises des cléricaux; il s'allacha surtout à mettre en contradiction le projet de. loi avec les idées décenlralisalriccs dont la majorité de la clroile s'éla1l jadis fail un drapeau: « Voilà donc 01'1elle <lerail aboutir, dil-il, celle grande campagne conlre la centralisation administrative, celle campagne commencée sous l'Empire el poursuivie depuis si vivement dans celle Assemblée! chose étrange! le gouvernement a beau, au milieu du calme le plus pl'Ofond, être armé de Ioules les ressources formidables qu'offre le régime de l'étal de siège; il a beau en user avec une rigueur.,, . (011 se récrie à droite) qui ne rencontre aucune résistance cl qui n'a d'égale que la sérénité de l'opinion ..... (très bien! lrès bie11! el applaudissements à gauche/; il a beau pouvoir loul ce qu'il veut el loul ce que la nation ne veut pas..... (nouveaux appl,,udissemenls sur les mimes b·ancs), on a décou,·erl soudain qu'il a immensément besoin d'êlcc fortifié el qu'il ne pouvait l'être que par une centralisation administrative poussée à l'excès. « L·unilé est une chose cxccllenle, sans doute; mais enfin l'unité n'est pas l'étouffement. « L'association communale renfermée dans ses limites naturelles, est si peu en désaccord avec le principe de l'unité, que c'est par elle, au contraire, que cc principe se réalise dans ce qu'il a de salutaire cl de légitime. " L'unité, en ellet, n'esl pas el ne saurait être une agglomération de forces

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