J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

IJISTOIRE SOCIALISTE semblée ». Cc n'était mèmc pas li>l'expression de la vfrilé, mais il fallait entrainer des hésilanls de droite cl du ccnlrr droit qui comprenaient la rnleur de l'averlissem,·ul donn(· par le rhef du pouvoir cxérntif. Toutes les dispositions étaient prises au point dr , uc parlr·mrnlaire ; le jour mt\m<' de la rentrée, c'i•sl-à-dir<> Il' 5 nO\'Cmbrc, un proj('l de- rt'.•solulion serait présenté n l'Assemblée déclarant que la monarchie lu!réditaire el consli- /11/ionnelle dc,·rnail le gouvernement de la France a,·cc le comte de Chambord comme roi, les princes de la maison de Bourbon étant désignés comme ses héritiers direcls. A la \'érilé, les conspirateurs n'élaienl pas sans de graves prfoccupations, car les bo,rnparlislcs, dont Ioules les espérances se seraient érnnou irs, se sépareraient 1,rusqucmenl d'eux ; le centre gauche, sondé, répondait par une déclaration uellcmcnl républicaine cl un formidable 111ou,·ementde résistance, d'allure offensive, se déchainait dans loul le pays. Puis, que ferait le mMéchal de )lac-~lahon ·> Comment le ferait-on disparaitre du poste auquel l'arnil (,levé la majorité de l'Assemblée•? Cc n'élail pas une quanti[{• négligeable! (Jnellc impression pourrait causer à cc soldai d'une intelligence modeste mais non sans fierté, la désinvolture a,·ec laquelle on le« déposerait» ·> C'était la guerre civile déchainée, sans nul doute. Les meneurs de la conspiration n'étaient pas hommes à reculer dernnl une telle évcntualili· ; ils complaicnl sur l'armée cl c'<'lail pour eux l'essentiel. ~lais, le 30 octobre, le comlc de Chambord adressail à ~l. Chcsnelong une lellrc par laquelle furent an,'anlies Ioules les espérances des conspirateurs qui se cro~aienl à la ,·cille de la ,·icloire. Toul en se lcnanl prèl à accepter de monter sur le trùne el à agir dans ce bul, il déclarait qu'il ne pouvait, ~ans manquer aux lradilions monarchiques, à sa dignité, à son honneur, renoncer au drapeau blanc ; il ne poumil consentir à « renier l'étendard d'Arques cl <l'i ,.,.y » C'était un nouvel avortement. .. el les voilures royales étaient prt'les ! lle cet avortement naquit le septennal. Le jour de la rentrée (5 novembre , le duc de Broglie donnait lecture d'un mcs•:igc par lequel le président de la Ht'publique exposait à l',\ssembli•e lous les graH'S inconvénients de sa situation ~ans stabilité, parlaul sans sufli~anlc au lori té. Cette siluation était gra, e pou,· lui, grave pour le pays profoudén,cnl agité, où il fallait faire renaitre le calme, élément essentiel de l'ordre. Le général Changarnier s'empressa de proposer, au nom de nombreux collègues, que le maréchal de ~lac,)lahon fùl maintenu, par une loi spéciale, durant dit an5. au poste qui lui ava1l ét(. conrié . .Après une série de négociations, de lransaclions, um• lo11gue discussion au ~ours de laquelle \L Jules Grévy prononça un important discours, par 383 voix conlre ;!17, le maréchal de Mac-~lahon était nommé président de la République pou,· sept ans. Il n'est pas inutile de reproduire un des passages les plus importants du

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