l 16 HISTOIRE SOCIALISTE discours de celui qui, après avoir refus6 de voler la Constitution de 1875, devait succéder au maréchal <leMac-Mahon : « Votre proposition a pour objet de voiler le provisoire, de le continuer sans le dire, el cela pour vous réserver l'occasion cl les moyens qui peuvent se présenter de faire plus lard le gouvernement que vous ne pouvez instituer aujourd'hui ... « \'ous avez essayé la monarchie; vous l'avez fait dans votre droit ot votre loyauté. Je vous aurais contesté le pouvoir de disposer de la souveraineté naliQnale, mais vos principes sont si difTérenls des miens; vous agissiez dans votre droit el dans vos convictions. Vous avez échoué. Faites place à d'autres! Vous ne pouvez pas rester indéfiniment ici pour altcnd,·e les occasions! ,. C'était bien le provisoire, un provisoire à durée déterminée, d'une stabilité apparente dont venait d'accoucher la majorité monarchiste de l'Assemblée qui, celte fois, a,·ail vu les bonapartistes lui revenir, malgré la protestation plébiscitaire de ~l. Houher; mais, pour tous les partis, la situation n'en restait pas moins Ires confuse, très cO!npliquée. Pour le parti légitimiste la partie était irrémédiablement perdue; seuls les bonapartistes pouvaient conspirer, faire de la progagande et escompter la possibilité d'un coup de main, quand leur jeune prétendant aurait pris un peu plus d\\ge. Les.orléanistes, eux, avaient la perspective de manœuvrcr constitutionnellement; ils comptaient dans leurs rangs des hommes habiles, rompus~ toute la stratégie parlementaire. Il manquait à leur prétendant, le comte de Paris, la popularité, ce qui esl un appoint sérieux, utile, parfois mème nécessaire. La revendication <les biens confisqués par 'iapoléon Ill n'était pas pour dé,·elopper c~lle popularité, au contraire. Quant aux républicains, si le vole du scplennal étail un échec gra"e, il était largement compensé par la déroule des rqyalistes dont les manccuvrcs avaient si vi,emenl inquiété le pays. Ils a\'aienl droit ù Ioules les espérances, car l'opinion publique était a,·ec eux; il leur fallait déployer de l'activité, ne se laisser troubler par aucune menace. La France définitivement libérée <le l'ennemi, répudiait hautement empirn el monarchie; elle allait résister aux entreprises des cléricaux, les plus dangereuses de toutes, el s'acheminer, pacrui bien des lutks encore, vers la républi'!ue définitive.
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