J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HIS'I'OIRE SOCIALIS1'E 103 • Et je ne veux pas vous déplaire davantage en vous en donnanl les n,otifs. Mais vous le savez bien, el e'ésl ce qui vous justifie de ne pas venir, au 1,0111 de voire foi, nous proposer le rélablissemenl de la monarchie, car, enfin, c'" serait votre droil. Puisqu'on propose telle ou telle Hépublique, vous a,·,•z le droit de proposer !elle ou !elle monarchie. Pourquoi ne le faites-vous pas·> Pourquoi, vous qui èlcs plus calmes q11e tels ou tels autres - je ne vpu, pas faire de personnalilés - pc,urquoi leur dites-vous qu'il serait imprudent de venir ici pl'Oj:,oserla monarchie·> Pourquoi, par ext'mplr, quand la polémique s'engage enlrc vous cl nous, vous h,\lez-vous de dire · "~ous, ce u'r,l pas comme monarchistf'S qu<' nous parlons, c'csl comme conservateurs'. ,,. C:'<'c..t, convenons-en de bonne foi, que vous même sentez que, praliquem,'nl, la monarchie esl impossible . .Je n'ai pas besoin d'en dire la raison encore une fois, elle est dans volre esprit à tous : il n'y a qu'un tronc el on ne peul l'occuper à trois n. Toutes les qucslions de prolocole conslilulionncl réglées, apri·s un nouveau discours prononcé par M. Casimir-Périer, minislre de l'Intérieur, durnnl la séance de l'après-midi, la balaille cngag,<o reçut sa conclusion par l'adoplio11, à 16 voix de majorilé, d'un ordre du jour présenté par ~I. Emou! auquel se rallièrent ~I. Target el plusieurs de ses arnis du centre droit qui µa~saient pour des amis de M. Thiers cl le lrahirenl avec une désiO\·ollure Ioule parlementaire. Voici la teneur de ce documcnl: « L'Assemblée nationale, considéranl que la forme du gouvernement n'est pas en discussion ; 11 Que l'Assemblfo est saisie de lois conslilulionnelles pr<'senlées en ,e,·lu d'une de ses décisions el qu'elle doit examinor; « Mais que, dès aujourd'hui, il importe de rassurer le pays l'n fai,anl prévaloir dans le gouvernement une politique résolumenl consenalrice; « Regrclle que le~ récentes modilicalions ministérielles n'aient pas donné aux inlérNs conservateurs la salisfacliou qu'ils a,·aienl le droit d'altendr<'; « Et passe à l'ordre du jour». Le soir, à 9 heures, au déoul M la troisi~me s{•ance de cctt,, m/·morable journée, le Gabino! annonçait qu'il élait démissionnaire cl le pré,idenl BuOel donnail lecture d'un message qui venail de lui ,'Ire remis. Cc message porlait la démission de M. Thiers comme président de la Répulll1q11e. Tout élan! préparé, concerlé d'a, ance, quelques instants après l'Assemblée pl'OrMail au scrutin pour l'I-Iecliou du nouveau chef du pouvoir exécutif el le mari'chal de Mac-Mnhon était élu par 390 voix. li y avail eu 3\11 volanls seulement sur 731 députés présents! ,\ minuit cl demi loul était lermin<'. Le duc de ~lagenla avait accepté de suct'/>dcr à celui qui lui avait" remis une épéo en main». Toute la France avait attendu avec uno impalienco, une anxi/>Lc fort intenses l'issue de celle journée; la vicloiro des rfactions la stupéfia, l'irrila; elle froissait !tus les sentiments du pays é,·oluanl de plus en plus vers la

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