J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

104 flISTOIHE SOCIALIS'l'E République ; elle apparaissail comme une menace pour la France elle-mème avide de lranquillilé inlérieure el extérieure. Dans les grandes villes eurenl lieu de significalil'eS manifestations; à Paris elles furent menaçantes. Cependanl !"ordre ne ful pas énormémenl troublé; une coalilion républicaine se forma pour résister aux entreprises monarchistes, cléricales et bonapartistes donl la série de conspirations, d"efforls, d"actes d'audace, allaient misérablement aboutir à la reconnaissance officielle de la République comme forme définitive du gouvernement! CIIAPITRE XVIII Émotion causée par ia clwle de M. Thiers. - Conserualeurs-monarchisles el conseroateurs-répub/icains. - Le maréchal de Mac-Mahon el le parti militaire.- Sa première proclamalio11.-S011 premier minis/ère. - Le parti clérical. La chule de M. Thiers a un grand retentissement; elle provoque une vive émotion en France el dans le monde enlier. Cette émotion n'a pas partout et parmi tous le même caraclèrc. Lentement, méthodiquemenl, sournoisement préparée par les monarchistes et les bonapartistes coalisés, la situation nouvelle les surprend toutefois et, on peut l'affirmer, elle les désempare. lis considéraient M. Thiers, depuis quelques mois surloul, ~omme le plus sérieux obslacle à leurs projets de reslauralion; sa disparition leur laisse le champ libre el, dès les premiers pas, ils ne sauront s'y mouvoir, y manœuvrer. Désormais, si Ioule leur haine contre la République peul se donner large carrière, puisque le gouvernement tout enlier passe dans leurs mains, leur impuissancP. va s'épanouir ... jusqu'au ridicule. C'est eux qui, de faule en faute, vont devenir les bien involontaires artisans de la fondation officielle de la République. Dans le pays, les partis de droite perdent chaque jour du lcnain, malgré tous les efforts, les menaces des agents et fonctionnaires, de leurs jou"rnaux, de leurs propagandistes; seuls, leurs plus fermes soutiens, clergé séculier el congrégations, conservenl une influence qui, peu à peu, va s'effriter. Sauf en quelques coins fanatisés où les traditions el l'ignorance étendent encore l~ur lache séculaire, leurs parlisans commencent à se laisser aller à une indilîérence préliminaire de leur ralliemenl au parti républicain. Dans ce partPrépublicain,

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