J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

• HISTOIRE SOCIALISTE 95 CHAPITRE XVII Suppression de la Mairie c,11/ral, à Lyo11. - Le préfet pucros. - Conflits perma11e11ts. - Réponse de Paris. - L'éteclion Barodet. - I::chec à M. Thiers. - .\"ouvel/evictoire républicaine. - Le 24 mai. Malgré sa granrle confiance ensa rorce, en la popularité dont il jouissait parmi la majorité du pays hier encore plébiscitaire, aujourd'hui ralliéeb la République, confiance semée de certaines appréhensions qui auraient pris le dessus s'il ne s"était trop cru indispensable, ~!. Thiers, éloigné de la tribune pour la défense dans les moments décisirs, devenait désormais le point de mire des manœuvriers du parti conservateur. Ses hésitations, ses capitulations si fréquentes, ses crises démissionnaires ne produisaient plus r~fTct escompté; il !'allait constater sous peu, d'autant que le parti républicain avancé, tout en le soutenant contre les plus rudes, les plus dangereux assauts, allait lui inlliger une juste el retentissante leçon. Apr·ès l'adoption du projet de la Commission des Trente, né d'une série de négociations el de transactions, <1uiautorisait le chef <ln pouvoir exécutir à paraitre à la trihune, à donner son avis, mais non à participer b la discussion des projets de lois ou interpellations: qui affirmait le droit el le pouvoir constituant de l'Assemblée nationale, viol à l'ordre du jour la question brOlante de l'organisation de la municipalité lyonnaise. Les droites cl, disons-le, les cer.lres aussi élaienl fort émus, fort irrités de la série de conflits qui ne cessaient de surgir entre la municipalité de Lyon et l'autorité préfoclorale représentée par le cél~bre ingénieur Ducros « aux ponts trop courts » transformé en agent politique; un des plus ardents, des plus odieux, des plus ridicules qui se soicul rencontrés dans la si singulière administration de celle époque. La population lyonnaise. clans sa majorité, était fermement allachée à la cause r6publicaine; elle a, du reste, des traditions inoubliables, illustrées par de terribles et sanglantes lulles, les unes d'un caractère purement politique, les autres d'un caractère purement ouvrier el social. La municipalil6 avait à sa lête M. l:laroclel, qui avait succéd6 à M. Hénon, cl lullait pied à pied contre les mcsurrs prises par le préfet, Ioules fort réactionnaires, quelques-unes simplement odieuses, réclamées ou appuyées par la minorité de la population liés cléricale. Il serait long de les énumérer, mais il

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