J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

94 HISTOIRE SOCIALISTE romaines pour protéger la Papauté contre les enlreprises de la Hépublique el de la Monarchie! Puis, en l'occurence, la France seule pouvait agir; des trois grandes nations catholiques d'Eu,opc, l'llalic étant naturellement mise hors de cause, deux étaient contrai nies au rôle do spectatrices impuissanles, L\ulriche non remise de ses défaites de 18tiû cl attirée dans l'orbite de l'Allemagne; l'Espagne, l'Espugne du fonatisme rcligieu,, de l'inquisition, ayanl pour roi - lemporairc il est vrai - un prince de la maison de Savoie. Suscité avec l'habileté pcr·fidc du clergé, un mouvement d'opinion se manifesta, assez vif pour émouvoir le parti républicain cl M. Thiers lui-même, car il était gros de complications graves, a,•cc l'Italie d'abord, puis avec l'Allemagne où M. de 13ismark venait d'engager la mémorable action du Cullurkampf. M. Thiers se crut oblîgé d'ollrir à Pie IX en asile en France el un palais, le château de Pau. Le Pape refusa cl ce ,efus cal pour conwquences une série de difficultés diplomaliques qui produisirent une impression profonde dans Loule l'Europe, particuli~remenl en France. Elles curent pour premier cl principal résullal de porter un coup terrible au parli clérical donl les audaces ne connaissaienl plus de bornes el qui ne parOl plus, môme aux yeux des moins clairvoyants, que comme un fauteur de désordres à l'inlérieur cl un danger dans le domaine Je la politique cxlfricure, celui oü passé, présent el avenir nous commandaient, nous impo3aicnl la plus grande prudence. c·esl à celle époque, dans celle série d'incidents, que se manifesta le mouvement anticlérical dans lequel la libre-pensée devait rencontrer ses élemenls principaux el commencer sa propagande méthodique, Ses débuts ne furent pas aisés, car ce fut avec acharnement que furent saieia brochures el journaux el condamnés ses propagateurs par des parquets el des juges, les premiers monarchislell, les seconds bonapartistes, tous défenseurs jurés de la religion calholiq ue, tous au service de Ioules les réactions. Cc qu'il faul maintenant, c'èsl acculer M. Thiers soit à la capitulation complète, .sans réserve, devant les exigences conservatrices, soit à la retraite; la libération du territoire s'appr·oche, on pourra manœuvrcr plus largement, plus Il l'ai8e el la Commission des Trente a les moyens, elle )es élabore du resle, de préparer le terrain en l'aménageant dans les conditions les plus favorables aux combinaisons qui s'organisent. M. Thiers en avait l_epressenlimenl fort nel. N'avait-il pas dit à M. Jules Simon, <lès les débule de l'année 1873: « Je n'ai pas à m'en occuper, du reste, car· aus5ilôl la convention signée (relative à l'évacuation de tout le territoire), la m•jori~ déclarera, par un beau décrel, que j'ai bien mérité de la patrie el elle me mellra par terre. » Toutefois, le 18 mars suivant, après le vole par lequel l'Assemblée déclarait qu'il a,•ail bien mérité de la Pairie, M. Thlers ne pqrais&ail pas avoir perdu loul espoir, artirmanl que le seul qui pul le remplacer, le maréchal de MacMahon, n'acceplerail jamais 1

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