J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

\16 ll!STOIRE SOCIALISTE en faut citer <1uelqucs-11nrs, les plus marquantes, telles que l'interdiction des cnterrcmenls C'ivils après huil lwurcs du nrnlin rn hiver cl srpl heures en été; la ~upprcssio11 des journaux républicaius pour la publication d'articles parfois anodins; l'inlcrdiclion des rcprésenlalions de la Mue/le de Portici, de RuyBlas, de Pairie; l'obligation imposée aux conseillers municipaux de présenter une carie signée d~ secrétaire du préfet pour· ~Ire admis dans l'lfOLel de ville! ... M. 13arodel, ancien inslilulcur, avail eu de graves difficultés avec ~I. Ducros, rclali vcmenl aux m~~dals de paie men Ldcs inslilulcurs laiqucs auxquels, au lori lés el congréganistes lirraienl une lullc de chaque jour. li manifeslail de la ,•olonlé, de l'i·nergic, de l'intelligence; il avait l'appui du Conseil municipal el de loul le parli républicain. Celle situation ne pouvait se prolonger, d'autanl que la population s'irritait cl que ses rapports avec loulcs les aulorités, se tcndanl, menaçaient de provoquer une crise aigut•. Ce que cherchait la réaction, depuis longtemps déjà, c'était la suppression de la ~lairie centrale qui lui apparaissait comme un danger permanent; pour celte fin, il fallail procéder à la réorganisation de la municipalité entière; aussi un projcl avait-il élé déposé le 13 février 1873 par le baron Chaurand; il comportait, en même temps que celle suppression, le scctionnemcnl de la cité. Le 13 du mème mois, le Gouvernement en présenlail un aulre ofîranl une .seule différence notable, le maintien de la ~lairie centrale ; mais ~I. de Goulard, un homme de la üroile, a,·ail pris le porlcfeuille de l'intérieur enlevé, malgré sa condescendance, à ~1. Victor Lcrranc qui l'avait si maladroitement, si débilcmenl Lenu et, de négociations en lransactions, le Gouvernement s'élail rallié au projet de la Commission qui ful adopté; - la ~lairie centrale avait vécu; le 12 al'fil, M. 13arodet avail quillé son poste non sans avoir adressé à !a population une proclamalion simple, mais énergique et fière, dont le préfel s'empressa d'inler·dire l'affich_age. ~lais la discussion de ce projel de loi, qui avail passionné l'opinion, n'avait pas passé sans provoquer un incident grave : la démission du présiùenl de l'Assemblée, ~1. Jules Grévy, donl le rauleuil élait depuis longtemps visé par la réaction qui considérail celle conquèlc comme le plus sùr lravail d'approche dirigé contre le chef du pouvoir exécutif. Le motif le plus futile avait fait naitre l'incident. M. Le noyer, dépulé du Hhclne, tandis qu'il c<>mbattail le projet de loi cl défendait les irrlér<lls de Lyon, après avoir résumé les arguments sur lesquels ~I. do ~!eaux avait échafaudé son rapport, avait prononcé ces simples mols : « Voilà le bagage do la Commission» cl il n'en avait pas fallu davantage pour déchainer une tempèle lellemenl grotesque el violente que ~1. Ji:lcs Grévy n'avait pu la calmer, avail dù lcrer la séance en annonçant sa démission que le lendemain il adre~sail à l'Assemblée en une lettre brève el forl sèche. A la vérité, il avait élé réélu, mais sa majorité habituelle était diminuée dans les proportions caractéristiques: 349 voix contre 231 à M. Buffet. Il mainlinl sa démission et après un second scrulin, M. Buffet, un des plus froids

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==