so IIISTOIRI, SOCL\LISTE Celte vérité, M. Thiers !"avoue lui-même quand il Mclare que s'il ne veut pas la guerre c'est parce qu·ou lieu cl'cmpêclicr les é,•énemcnls, elle les précipilerail. (_)1t'esl-cc il dire? c·csl donc que si la France sommait la Prusse d"abandonner tout dessein d'union avec les Etals du Sud cl intervenait por la force pour interdire cc groupcmenl, les Etals du Sud cnlrcraicnl aussilùl dons ln Conf/•déralion du ;,,;.,,.,,'/~fais d"oii vic~drail celte suscrplibililé s'ils consido'renl rn efîl'l la Prusse ,·ommc r,•nncmi qui menace leur indépendance? M. Thiers reconnait la forre du scnlimcnl national allemand au moment m~me où il décrète au nom de la France que celte pensée nationale ne s'accomplira point. Et si. en l&iï, il csl impossible à la France d'adresser à la Prusse un ultimatum contre !"unité sons soulever Ioule l"J\llemagne cl sans créer d"cmblée celte unité qu'on rr<loulc, cela sera vrai cl le lendemain cl toujours. Ce n'csl pas seulement rn 18'iï que la guerre esl, scion le mol de~). Tluers, une folie: c·esl dans l,•s années qui sui,·cnl, c·esl toujours, el le grand eOorl de sagesse de ~l. Thiers c·cJl de rendre inélijclablc une guerre qu'il déclare folle. Ou bien pou,•ail-il croire st'ricusemcnl qu'il suffirait à la France de parler haul el fort pour que, à jamais. élernellcmenl, la Prusse renon~,\l à son ambition el l'J\llemagnr ft 8on uni lé'! L'illusion serait si Hrange cl J'a,·cuglcmenl si prodigieux, que je me demande parfois si les pro1>osde modération cl de paix de M. Thiers n'élaienl pas une f,•inlc, 1111 moyen de gagner du temps, de m6nager à la France, pour lïné,•ilable connil, des chances plus heureuses. Les dernières paroles qu'il prononça le 14 mars, n'alleslenl pas une confiance très nelle en l'avenir; elles n'ou vrcnt pas de longues pcrspecli ves de paix ... « pcul-èlrc pourra-l-on procurer (je dis peul-Nre, mai• pour moi c'est certain , peut-être pourra-1-on procurer à la Fran,·c cl à l'Europe quelques jours de repos, de prospérité, de tranquillité d'esprit, ce dont l'Europe a lanl besoin aujourd'hui, et ce dont elle manque alJ•olumenl •· Qu,t1111esjours de repos, une accalmie entre deux orages, une trève de quelques années entre Sadova el la mysté\·ieuse rencontre où le destin de !"Europe se jouera il une fois de plus. Mais quel avenir pour la France! Engager Ioule sa force, toute sa pensée, Ioule sa , ie à empl!cher celle nécessaire unil6 allemande préparée et allendue depuis si longtemps pnr les plus nobles esprits, par les consciences los plus ardentes de tout un grand peuple gémissant el écrasé. Celle triste lrCve, celle paix précaire et pleine de pensées mauvaises, )1. Thiers va-l-il du moins !"utiliser à mieux préparer la France en vue du conOil formidable <Jui peul Nrc retardé, qui ne peul pas ~Ire éludé~ Oui, elle pourra user de cc délai pour réparer les brèches que l'expédition du Mexique a faites à sa force mililair~, pour réorganiser el accrollre celle-ci, 110ilselon le plan ancien et préféré de M. Thiers, des armées à efTeclir limité et à long service, soit selon le type moderne des armées prusaiennee.
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