IIISTOIRE SOCIALISTE IH t,:t si la France impériale n'a organisé puissamment l'armée de la Fronce ni selon le type de 1832, ni selon le type nou,eau, ce n'est pas la faute de M. Thiers. Mais, dans son système politique, oit seraient les alliances de la France·? Malgré les incohérences, malgré les contradictions de la politique impériale, la France avait encore beaucoup d'amis en Italie. La plupart des patriotes italiens n'oubliaient pas son intervention de )8j\J. Ils lui en voulaient sans doute d'avoir arrt'lé, par la paix de Villafranca, l'essor de la nationalité italienne. ~lais enfin, ils savaient bien qu'un jour ou l'autre le mou,·ement d'unité aboutirait el ils sa, aient aussi que le concours de la France avait ajouté à la force initiale d'impulsion. Il est vrai qu'en 186ï,, c'est par une alliance a,·ec la Prusse que l'Italie avait arraché à l'Autriche la \'énélie. ~lais, tandis qu'une partie de l'opinion française, en 1859, avait cédé à un entrainement de générosité, la Prusse de I&;t, avait sen·i seulement ses desseins propres. c·esl seulement par contre-coup que l'Italie avait bénéficié de la victoire prussienne. D'ailleurs, il était visible quo l'abstention de :Xapoléon avail seule rendu possible ou du moins a,·ait largement facilité la victoire do la Prusse; cl, quoique l'amour-propre de l'Italie se fùl irrité de la médiation de la France recevant ln \'énétie dl'S mains de l'Autriche el ln repassant à l'Italie, ce n'était pas seulement dans la forme, c'esl aussi au fond que l'Italie tenail la \'énétic de la France. Car nul ne doutait alors que l'alliance de :'>iapoléon Ill el do l'Autriche eût cmp,'ché Je succès de M. de Bismarck. Ou si, malgré la défaite de M. de Bismarck, l'.\utriche_vicloricuse eùl, selon les stipulations d:i traité secret, rNrocédé la \'i,nétie, c·esl bien é,•idemmcnt à la France que l'Italie en eût élé redevable. Le prestige de la France en Italie élail donc resté très grand : el pour que la France trouv,ll en Italie des S) mpathies actives cl m,'me une alliance, il aurait suffi sans doute quo la Franco cess,1t d'interdire à lïlalio l'entrée à Home. Les événements diplomatiques de 186\1cl de 1 iO, connus maintenant avec certitude par des documents d'archives, montrent assez qu'à cc prix l'alliance de l'Italie étail au moins infiniment probable. Mais celle alliance, ,1. Thiers, obstiné à défendre contre les revendication~ du peuple italien cl de la maison de Savoie l'indépendance de, Étals romains, ne poU\·ail pas la donner à la France. Bien mieux, il jetait l'llalie, quoi qu'il en etll, dans les bras de la Prusse. C'est avec une sorte de fureur qu'en décembre 1867 il dénonce les ambitions italiennes. Laisser l'Italie poursuine son œu,•re d'unité, lui permettre d'occuper les ~:tals romains, d'enlever au pape sa souveraineté temporelle, c'esl lui donner congé de bouleverser l'Europe, d'enlever aux catholiques de l'univers une garantie à laquelle ils onl droit, la certitude de la pleine indépendance de leur chef. li raut dire une bonne fois à l'llalicque c'esl fini, bien fini, qu'elle n'ira pas plus loin. La convention de septembre 1861, par laquelle la France s'est eo~agée à retirer seo troupes des Üals romains sous la condition que l'Italie elle-même les protègera contre toute agression, est une duperie.
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