HISTOIRE SOCL\LIS'/ 1-: (\ï conseillaient à la France de ne pas inler,·enir, m~me au nom d'une idée, dans la vie des peuples. · El d'ailleurs quel litre avait la France du scrond Empire à propager au dehors une libe1:téqu'elle n'a,·ait pas elle-mème ·> Plaisante liuéralrice que celle esclave o,·gueilleusc et avilie qui portail s,•s propres chafne5 comme un trophée. Mais M. Thiers ne pouvait pas retirer de l'histoire le drame r·{•volulionnaire. La Révolution n'avait pas élé seulement une crise de liberté frantaisc; par la faute de tous. par l'impatiente manœuvre girondine cl par la folie de la conlrc-révolulion européenne, elle élail devenue presque d'emblée une crise de propagande. C'était un droit nouveau qui, dans l'orage de la guerre, s'était répandu sur l'Europe; cl si, sous la tourmente, l'unilé nationale avait apparu à des peuples dispersés comme la condition de la liberté cl du salut, t'lail-il au pouvoir de la France de 186ï de considérer comme non avenu, pour l'Allemagne cl pour lïlalie, le fait rholulionnairc cl de refouler le vaste ébranlement de la Hévolulion continué depuis un siècle·? El puis, au point de vue même de M. Thiers, c'est-à-dire au point de ,•ue de l'équilibre européen, l'unité de l'Italie el l'unité de l'Allemagne étaient nécessaii'es. Avec une France co,1cenlrée, avec une Italie el une Allemagne dispersées, qu'est-ce donc que l'équilibre de l'Europe·? C'est un équilibre menteur qui est à la merci de la France. Charles \ïll, Louis XII, François Jer se jettent sur l'Italie comme sur une proie. Quand Hichelicu el Mazarin ont dissous, décomposé l'Allemagne, quand le traité de \\'estphalie l'a réduit~ en poussière, le continent européen est livré aux caprices, aux brutalités, aux insolences de Louis XI\'. El quel malheur pour l'Europe, pour la France, pour la Révolution elle-mèmc, que l'Italie el l'Allemagne n'eussent pas déjà constitué leur unité au moment oil la Ré,·olution de démocra-lie éclatait en France! Voici, en enet, l'alternative qui s'offre à l'esprit : Ou Lien ces grandes nations n'auraient pu s'organiser sans un commencement de liberté; el s'il y avait eu, en 1789, une Italie une el une Allemagne une avec une liberté politique nH'me incomplète el oligarchique, comme était alors la liberté de la nation anglaise, la coutre-révolution européenne n'aurait pu menacer sérieusement la démocratie française. L'Italie el l'Allemagne auraient observé sans doute la réserve qu'observa d'abord l'Angleterre, qui s'est engagée d'ans la lutte tardivement el à contre-cœur, beaucoup moins pour sauver de la contagion démocratique ses institutions d'oligarchie que pour préserver sa puissance commerciale des menaces de la France débordée, qui s'emparait des bouches de l'Escaut. El qu'aurait pu contre la France el la Hévolution une Autriche ne disposant plus de l'Allemagne et de l'llalie·! La France aurait donc pu, en un mouvement hardi, aller dans le sens de la souveraineté populaire el de la démocralle bien au-delà des libertés anglaises déjà communes à l~ul le continent, sans provoquer contre elle une coalition européenne. Ou bien l'Allemagne et l'Italie auraient constitué leur unité nationale, non pas selon le type de
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