J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALIS'rE 57 caractères d'un parlement national, el elle voudra peut-être, avanl longtemps, revendiquer une part plus grande de la puissance publique "· Ainsi, ni au poinl de vue national, ni au point de vue démocratique, la France n'avaitle droil de s'opposer à l'entière unité allemande, même réalisée par des moyens de force. L'acceptation loyale de celle unité n'aurait affaibli en rien la sécurité el la vitalité de la France, si, <l'ailleurs, celle-ci s'élail débarrassée de l'esprit d'incohérence el d'aventure de l'absolulismc. El la démocratie fran,aise pouvait attendre a\'eC confiance le jour où la démocratie allemande délierait le corselet de fer où la politique bismarckienne l'énserrail. Mais, hélas! même après la circulaire La Valelle, la politique impériale ne renonça pas à ses bouderies, à ses jalousies, à SP.S arrière-pensées. Après la détestable tentative diplomatique sur la Belgique, la ridicule el humiliante tentative sur le Luxembourg atteste que l'Empire ne prend pas son parti de l'unification allemande el que son amour-propre dépité cherche de misérables compensations en allendanl de plus substantielles revanches. Ce fond mauvais de la politique de l'Empire transparaissait toujours. Même quand M. Houher, pour justifier l'abstention militaire de !'Empereur après Sadowa, affirmait que la France n'avait rien perdu à la vicloirn de la Prusse, mème quand il démontrait que l'unité allemande, dès longtemps préparée par l'union douanière, par le mouvement enthousiaste des esprits comme par le groupement des intérêts, élail un fait historique nécessaire, même alors il laissait percer le dépit de la vanité blessée el d'inquiélanle~ réserves. A mols à peine couverts, il interdisait à la Confédération du Nord de s'étendre à toute l'Allemagne : cl quand l'empereur Xapoléon, sous prélexle de faire à l'empereur d'Autriche une visite de deuil pour la mort de l'archiduc Maximilien, s'entretenait à Salzbourg avec François-Joseph, Ioule l'Allemagne élail convaincue que l'objet de l'entrevue élail de préparer la revanche de 1866el de comprimer sinon de refouler l'élan de la nationalité allemande. C'esl ce que M. Benedelli marquait avec force dans un mémoire du 5 janvier 1868, où il pressait le gouvernement de !'Empereur de prendre un parti, de se décider, ou pour la politique de guerre,ou pour la politique de paix; s'il voulait la guerre, qu'il se préparât à un grand efforl contre une puissance qui développait tous les jours son organisation militaire. S'il voulait la paix, qu'il dissipât par une allilude franche el claire les défiances c1ueses desseins équivoques el obscurs entretenaient dans tous les esprits.« M. de Bismarck prépare de longue main, le couronnement de son œuvre. Je me suis permis de vous écrire qu'il se rendait un compte exact de l'erreur dans laquelle est tombé M. le comte de Cavour en réunissant prémalurémenl les provinces ngpolilaines au royaume d'Italie; il n'y louchera pas à son tour; avant de déchirer le traité de Prague, il allendra que le moment en soit parfaitement oppot'lun et il décidera alors du mode qu'il lui conviendra de choisir. En prendra-1-il ouvertement l'initiative ou 1,ien s'en remellra-t-il à celle du grand-duc de l3ade?

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