56 IIISTOIRE SOCIALISTE M. de Bismarck cl du roi de Prusse; elle leur a permis de constituer d 0 abord un centre de puissance monarchique donl la force d'allraclion s'cxercerail ensuite sur les ~lémenls Mmocraliques de l'Allemagne du Sud. )lalgr& loul, malgré tous ces calculs bismarckiens, malgré Ioules ces arm'rcs-pcnsécs prussiennes, il était impossible de constituer l'unité allemande sans mettre la démocratie en mouvement; cl celle-ci; quelque lcalc cl embarrassée que soit sa marche, va irrésistiblement vers son but. En ce sens sup&ricur, )1. de 13ismarrk élail dupe de $8 propre manœuvrc. En fail, dans le pn•micr parlement de la Conf/•déralion du :\'ord. le parti libéral était puissant cl les revendications politiques de la bourgeoisie étaient vigoureuses; cl si les premiers socialistes démocrates élus : Bebel, Liebknecht, dénonçaient avec véhémence ce <1u'avail d0 élroil el de fragile l'œuvre de violence de M. de Bismarck, celle première manifestation politique du prolélarial allemand élail déjà un signe de l'avenir. Elle annonçait les puissances nouvelles qui allaient s'affirmer dans la nation allemande reconstituée. C'est seulement sur le large Lerrain de l'Allemagne unie, que pouvait se MplO)Cr la vaste force populaire cl ouvrière: Ioules les haies, tous les fossés de l'Allemagne féodale el parlicularisle, s·opposaienl à un cflorl d'ensemble des lra,•ailleurs: ce n·esl que dans un large horizon allemand que pouvait se lever la lumière du socialisme. C'est cc qu'avait compris, c'est ce qu·exprimail sc,us une forme grossière le député conservateur français, ~I. de la Tour, dans le débat de mars lSC,i. li disait e11substance au Corps législatif: • Faites en Europe une politique conservatrice: unissez-vous à l'.\utriche el à la llussie.: l'œuvre qui s'accomplit en Allemagne esl révolutionnaire; les communistes réfugiés à Londres se réjouissent de la concentration de Ioules les forces allemandes à Berlin parce qu ils espèrent <ju'il leur sera plus facile, ayant ainsi ramassé en un point toutes les ressources de l'ordre social, de le renverser d·uo seul coup. Les conservateurs prussiens, dès le lendemain de Sadowa, marquaient leur inquiétude; ils reprochaient à )1. de llismarck de les trahir, d'ébranler les bases de l'autorité, el dans les élections du premier Parlement confédéral, dans les pays cl dans les ,·illes incorporées à la Prusse, dans le Ilanovre, dans la Hesse, à Francfort, ce sonl les partis les plus conservateurs qui marquent le plus de résistance à l'œuvre nou,cllc. Tous ces symptômes n·auraient-ils pas dû avertir les démocrates fran~ais'? L'u11ilé allemande, milme accomplie par la force prussienne, préparait, à loniç Lerme pcul-èlre, une démocratie allemande. M. llencdclli VO)ail juste, en somme, lorsqu'il écrivait à son ministre, le 20 Mccmbre 18ü(i, cl que, caractérisant le projet de Constitution fédérale prfparé par ~I. de Bismarck, il disait: • L'avenir nous apprendra si le Gouvernement prussien a sagement agi en faisant à l'opinion unitaire et démocratique de si larges concessions. lnvc•lic des allribulions qui lui sont confiées, la Diète réuml en etTel, par son origine aulaol que par ses pouvoirs, tous les
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