J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

58 HIS'l'OIRE SOCI,\ l,ISTE Sera-cc par des arrangements directs avec les gouvernements du Midi ou en laissant le Parlement douanier consommer l'union avant qu'elle soit stipulée·/ Je ne saurais vous le faire pressentir à aucun degré. Ce que je crois fermement, c'est que du jour où l'étal de l'Europe le lui permettra, el dès que les choses en Allemagne lui paraill'ont arri,·ées au point où il les pousse, il exécutera rapidement le plan qu'il a contu, et soit au titre définitif d'empereur, soit au titre temporaire de président de la Confédération germanique, le roi de Prusse.sera proclamé souverain de l'Allemagne. « S'il esl de mon de,·oir de vous soumettre l'im!Dinencc plus ou moins prochaine d'une si grave éventualité, il n'appartient qu'au gouvernement de !'Empereur de l'envisager dans toutes ses conséquences, el de déterminer les dc\'oirs qu'e11c lui impose. Je vous demanderai, toutefois, la permission de vous soumettre quelques· courtes réllexions. Si difficile qu'il soit, pour un grand pays comme la France, de tracer d'avance sa ligne de conduite dans l'étal actuel des choses et quelque grande que puisseôtre la part qu'il convienne de faire à l'imprévu, l'union de l'Allemagne sous un gouve.roement militaire fortement organi5é el qui, à certains égards, n'a du régime parlementaire que les formes extérieures, constitue cependant un fait qui louche de trop près à noire sécur;té nationale pour que nous puissions nous dispenser de nous poser el de résoudre sans plus larder la quesllon suivante : « un pareil événement " met-il en danger l'indépendance de la position de la France en Europe, el ce • danger ne peul-il èlre conjuré que par la guerre? » :-,ile gouvernement de l'Empercur estime que la France n'a rien à redouter d'une si radicale altération dans les rapports des États situés au centre du continent, il serait désirable, à mon sens, dans l'intérêt du maintien de la paix cl de la prospérité publiques, de conformer entièrement el sans réserve notre altitude à celle conviction. « J'ai dit plus haut comment on enYisagc, en Allemagne, les sentiments de l'opinion publique en France cl reux mèmes du gouvernement de !'Empereur; on nous suppose des intentions hostiles, el je n'ai pas cru me tromper en ajoutant qu'on considère généralement un conflit entre les deux pays comme certain, sinon comme imminent. Toutes nos déclarations pour démentir ces conjectures et ces appréhensions sont restées infructueuses; les réserves dont nous les avons quelquefois accompagnées onl, au contraire, contribué à les alîermir. La Ga:e/le de Il eser, journal officieux, était l'interprète des ,·œux du public allemand autant que l'organe du gouvernement prussien quand, dans un article auquel le Cons/ilulionnel a cru devoir répondre, ell~ regrettait que !'Empereur n'ait pas affirmé, de manière à lever tous les doutes, sa résolution de ne p;s s'immiscer dans les alîaires allemandes. C'est, qu'en effet, pour le Gouvernement p.-ussien, comme pour les partis qui l'appuient, il ne s'agit plus aujourd'hui de savoir comment il peul nous convenir d'apprécier le développement qui a été donné à la Confédération du ~ord, c'esl de la con-

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