nISTOIRE SOCL\LISTE qui se substituera bientôt au plan d'unification tolale el immédiate proposé à l'enthousiasme ~e l'Allemagne. « Revenant sur la conception qui vous a élé exposée par M. de Gollz, l'ambassadeur de Prusse à Paris, tendant à fractionner en deux groupes les influences en Allemagne el à les soustraire égalcnwnt à la direction de l'Autriche, il a ajouté que les développements de celle combinaison devaient Hre poursuivis sans parti-pris, el qu'il gardait sa liberté d'aclion pour en régler l'emploi selon les circonstances. J'ai également représenté à ~I. de Bismarck qu'en accédant à la convocation d'un Parlcmenl, la Diète ferait une concession qui peut-,'lre ne serait pas moins un danger pour la Prusse que pour les autres ~:lais de la Confédération. « Si, en efTel, ai-je dit, le suffrage universel choisissait des hommes entreprenants, ils ne tarderaient pas à revendiquer les allribulions d'une Assemblée consliluanle, el à franchir résolument les limites que vous auriez tracées à. leurs pouvoirs. • Le Parlement, m'a-l-il répondu, ne nous embarra~serail que s'il était médiocrement libéral; dans ce cas, il se renfermera il dans ses allribulioas el il s'arrêlerail à des remaniements <1uine nous donneraient pas satisfaction cl qu'il serait difficile cependant de décimer: s'il élail, au contraire, franchemcnl conservalcur ou révolutionnairr, nous serions, dans la premi•\re hypothèse, en situation d'en diriger les débats; daus la seconde, en mesure d'iolcrvenir pour en arrêter les écarls; el, dès cc momenl, la Confédération, telle qu'elle a élé constituée en 1RJ5. se trouvrrail dissoulP par la force des choses, rien ne s'opposerait plus à noire dessein d'organiser dans le ;'\ord de l'Allemagne, de concert avec les Étals compris dans notre sphère d'action, une association conforme à nos vœux ». C'est évidemment celle deuxifme hypothèse qui a la préférence de M. de Bismarck. Son but ullime esl bieu d'unifier Ioule l'Allemagne, celle du Sud, comme celle du :"l'ord, sous la direction de la Prusse; c'est bien à Ioule l'Allemagne qu'il fail appel contre l'Autriche par l'annonce _d'un Parlement national élu au suffrage universel. ~lais il aimerait mieux ne procéder à celle unification qu'en deux élapes; cl avant de créer une Confédération lolale, créer d:abord une Confédération du .Nord qui sera soumise à la forte discipline de la monarchie prussienne el qui étendra ensuite son action sur l'Allemagne du Sud. Ainsi, dans la formation el le fonclionnementde l'Allemagne unifiée, il n'y aura qu'un minimum de démocrnlie: la« Hévolulion • n'aura été qu'un ferment aussilùl neutralisé. L'historien officieux Sybel, <1uine peut a\'oucr que le plan de M. de Bismarck était d'ajourner la complète unil6 allemande pour mieux assurer la domination prussienne, déclare que le dessein initial du mioislre était de réaliser l'unité lolale, mais que l'iolervenlion mena~anle de la France à '.'likolsbourg l'a oblig!, à modifier sa lactique cl à limiter provisoirement son effort. En réalité, l'ingérence fran~aisb a servi le calcul d'autorité de
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