HISTOIRE SOCl.\l,ISTJ.; tain, c'est que les raisons qui déterminaient la d,•mocralic franc aise à seconder l'unilé italienne, mème rtaliséc par la monarchi{' de ~a\·oic el d'abord à son profil, ,·alaienl pour l'unité allemande réalisée par la monarchie des llohcnzollern el d'abord à son proril. L'Allemagne, laissée à clle-m,'mc, n'a,·ail pas lrouvé d'autre moyen d'organisation cl d'unilé. Le grand mouvemenl national de 181:i n·a,•ail pas abouli: les tentatives r~volutionnaires· partielles faites apri·s 1830 conlre le régime de Mellcmich avaient échoué, la grande ,•nlrcprisc Mmocratiquc et nationale de 1818 avait avorté. Seule l'union douanii-rc, formée sur l'iniliati,·c de la Prusse, élail une promesse cl une ébauche d'unité allemande; el, de plu:-;en plus, la Prusse apparaissait comme l'outil dC"l'unité. Lorsque, dans la question des duchés, )1. de Bismarck a,·ail mis sa rude main au jeu. loul d'abord toutes les sympathies allemandes avaient Né avec lui. Eufio, Loule occasion allait èlre saisie par un pou,·oir vigoureux <le revendiquer les droits dt>l'Allemagne, Je protéger el de grouper les hommes de race allemande; cl lorsc1u'il apparut que M. de Bismarck, au lieu d'associer k Schlcs" ig-llolslein à la Confédéra lion allemande, l'annexait el l'incorporait à la Prusse, il y eOI, cerlcs, dans beaucoup d'Etats dP, l'.\llemagne. notamment dans ceux du Sud, de 1'1,ritation cl de la crainte. )lais cc 1fr,5l pas précisément l'ambition ou la violence prussiennes qui les heurlail; leur douleur, c·t'lail que la question reslùl prussienne au lieu de Je,·enir allemande, el que L\llcmagne toute entière ne fùl pas associée devanl l'Europe à la responsabilité d'un grand acte politique. C'est ce que marque très bien le prince de llohenlohc dan, des noles rédigées en 18ü5 cl 1866 pour la reine d'Angleterre \-icloria, qui s'informait des choses d'Allemagne. Le prince l:lail un esprit tempéré et ouve1l, un « juslc milieu >) de f·unilé a11cman<l<'I.l a\'ail parlic1pé à Li µ-rancie émotion nationale de 1848, il avait m,'me accc·plé de r<'présenler l'.\llcma:.;ne unie comme chargé d'anaires à Home cl à Athi•nes. Il déplorait que le grand mou,·emenl national eût élé mêlé de passions ré'"olutionnaires, athées, communistes, républicaines. li croyait nécessaire de comballre le « radicalisme •· mais il déplorait en même Lemps que les conservateu, s, les libéraux modérés. n'aient pu luller conlre cet esprit révoluliouuairc qu'en éleignanl la flamme d'espérance el d'action. Le peuple s'élail refroidi, les monarchies parlicularislcs avaient retrouvé la confiance el la force. ~lais l'aspiralion à l'unilé nationale subsista,l toujours, cl s'il fallait, pour la cooslilulion el l'affranchissemcul Je · l'Allemagne, que l'idée ré,•olnlionnaire se subslituâl en Europe à l'idée historique, à la tradition, il était prèl en ce sens à aecepler la Hé,olulion. C'était à la sagesse des chefs d'Élal, des nobles éclairés, dégagés de l'mflueoce des Yunker, à conduire el à modérer ce ,·asle mouvement. Hohenlohe, bavarois, voulait coooilier l'unité de l'Allemagne a\'CC la liberté fédérale des f:tals particuliers. C'esl ce modéré de l'unilé, sympall1ique à la Prusse comme pui88aoce allemande, mais libre de loul fanatisme prussien, qui jugeait ainsi l'alfainl des duchés :
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