J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

+I IIISTOIRE SOCIALJS'l'E Toul t'n Allemagne se ram,'ne mainlenanl à la queslion du Schleswigllol5lcin ... li n'y a pas un Allemand qui n'en ressente la profonde signification pour noire Hal intérieur. Chacun sail que dans celle question se décidera la que,Lion all,,mandc. li ~cmblail on debul que les l~lals allemands moyens, les 1::1a1spurement allemands pourraient, par l'affaire du Schleswig-l lolslein, arriver il une signification politique plus grande. C'est la r·aison pour laquelle celle question a excilé uoe émotion plus vh·e dans les l~lals allemands qui ne sont ni la Prusse ni l'Autriche. Quiconque observe avec allenlion les mou,·cmenls qui onl ébranlé l'Allemagn,- dans les cinquante dernières années, trouvera que la cause proprrl en esl dans le méconlcmenl des Étals moyens cl des petits 1,tals, d"unc population d'environ dix-neuf millions J"hommcs, qui se voient exclus de Loule participation à la destinée de l'Europe. Celle population des Étals moyens el petits de l',\llcmagne se voit dans l'étal d'hommes de,•enus majeurs el qui seraient privés do l'administration de lcnrs propres intérêts. l"ne pareille situalion devient à la longue intolérable. On a objecté à cela que la condition matérielle des Üats moyens cl pelils est satisfaisante, cl que c'est une folie de s'efforcer ,ers un autre étal, dans lequel vraisemblablement des 8acrifices matériels plus lourds que maintenant seraient exigés. • )lais celle ambition même ou plulôl cc besoin <l'honneur el de prestige esl un signe d~ la capacité vitale du peuple allemand, qui mel l'honneur cl le prestige plus haut que les seules satisfactions matérielles. C'est dooc pour sortir de cet élal de choses qu'on s'est efforcé en IS.18 vers cc qu·on appelait l'unité allemande. Car ce mouvement ~ommen~a dans l'Allemagne du Sud. Il s'est ré\'élé inefficace, car ni l'.\ulriche ni la Prusse ne P?uvaienl se subordonner à un poll\•oir idéal. Cn parti a "oulu alors réaliser l'hégémonie prussienne. li s'est brisé conl,c le refus de la maison royale ùo Prusse. ~lais l'cfTorl \'ers l'unité a persislé parce •1u'il reposait sur la nature des choses. Alors s'est posée celle question J11Schles"ig-llolslein qui aurdil permis aux l~lals allemands petits el moyens, s·,ls avaient pu s'unir, de conqnérir une silualion européenne. Ceux-ci, di"isés el incapables, laissèrent passer l'occasion favorable. Lorsque les grandes puissances prirent l'affaire en main, les cspérar{ccs politiques que le peuple de l'Allemagne du Sud a,·ail attachées à la question du Schleswig-Holstein disparurent, sans que l'intérêt c1u'il prenait à l'affaire milme diminm\l. Sculemcnl !"opinion publique s'est tournée davantage vers la Prusse, parce qu'on a l'cspé· rance que la Prusse, açri•s les succès guerriers, n 'opprrmera pas les droits des duchés. " Onze mois après, le 15 avril 1865, lo prince de Hohenlohe envoyait une nouvelle élude à la reine Victoria : • La question qui, le printemps dernier, agitait toute l'Allemagne cal maintenant passée à l'arrii-re-plan. li est certes beaucoup parlé encore et beaucoup écrit du Schleswig-llolstein, mais le peuple n'y prend plus qu'une moindre port. Cela 1honlre la justesse de nos affirmations précédentes, à savoir que

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==