J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIR.E SOCIALISTE 163 son ,·mule en violences, au temps 011 les \'e,·saillais slalionnaienl de l'autre cùlé du rempart. L'un el l'aulrc sont mninlenanl lcnés en quelque cachclle <liscrNe. Mais cc lt·isle exemple, il faul le dire bien hau[ à l'l,onneur des élus du 26 ~far~, n'a pas élé imité. f)e leurs collè•gucs, ceux qui ne sonl pas d!'jà prisonniers ou morts comme Raoul Higaull fusillé, hier, rue Gay-Lussac, apri•s la prise des barricades du Panthéon, presquclous sont présents au poste du danger cl du devoir, ceux de la mino,·ilé, comme ceux de la majoril(•. \"oici Courncl, ~Iorlier, \'erdurc, ~larlelcl, Champy, J.-B. Clément, \'aillant, Johannard, Viarcl, Chardon, Géresme, Dercure, Trinque[, Pollier, Allix, Eudes, Brunel cl voilà \'alli•s, Longuet, Arnold, F,·anckel, Pindy, Serrailler, ,\vrial, Eug. Gérarcin, Lefrançais, \'ermorcl, Theisz, Ostyn, \'arlin, Malon. Deboul depuis quatre jours, sans avoir pris une minute de repos, ils vont do barricade en barricade, conduisanl des retforls aux points faibles, de l'a;lillerie, des munitions, s'ellor~anl à solidariser la défense; beaucoup, le fusil à la main, faisant le coup de feu cùle à côle avec les gardes nalionaux, certains, d'une bravoure superbe, comme Vcrmorel à chcrnl, alors qu'il n'y était monté de sa vie, coinldo l'écharpe rouge el s·onranl à toutes les balles. A midi, ce jeudi, une réunion les rassemble lous. C'est Arnold qui en a demandé la convocation cl qui expliquequ" le secrétaire de \\'ashburnc, ambassadeur des Etals-Unis, est ,·cnu lui offrir de la part de cc dernier la médiation des Allemands. Delescluze, Vaillant mont,·enl le néanl de celle démarche, la comballent. Esl-ce qu'on ne sait pas que, dès lundi, une convention a clé conclue entre le gouvernement de Versailles el le prince de Saxe autorisant les troupes de l'ordre à emprunter la zone neutre·> Est-ce que loul Parisien, homme ou femme, qui a tenté, quillanl la ville, de se réfugier dans les lignes prussiennes n'a pas été impiloyablemenl fusillé? La majorité se prononce cependant favorablement cl il est convenu qu'Arnold avec Delescluze, Vermorcl el Vaillanl se rendront à Vincennes, pour prendre langue avec les soi-disant médiateurs. La délégation esl partie. A 3 heures, elle arrive à la porte de \ïncennes; mais les fédérés de garde lui refusenlle passage. Ils réclament un laisser-passer de la Sarclé. Cn délégué re\'ienl à la mairie du XI< el rapporte l'ordre signé Ferré. Cependant le poste s'est ancré dans sa volonté de refus. Les fédérés croienl à une défection, à une fui le, el la délégation impuissante à convaincre ces hommes exaspérés el lêlus doit rentrer dans Paris. Au XI<, la délégation trouve la silualion empirée encore. Les barricades de la rue Magnan on~ été forcées el on en rnpporlo Brnnol, la cuisse lravers.;e. Lo Conse,·valoiro des Arts-el-Métiers a élé cerné el loul le haul du IIl• arrondissement est aux mains do l'ennemi qui bat le pied des 1,anicades du Théùlre Dé• jazel el du boule\'arù Voltaire. De la Bastille, les nouvelles ne sont pas meilleures. On en ramène les blessés. Parmi eux, la princesse DmilriefT qui soutient Fnrnckel plus grièvement (rappé.

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