J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

IUS'l'OIRI<: SOCI \L18TE tudcs se dissipent, ses inimiliés s'éteignent. En imilanl la l'rance . elle fait un pas quo la rapproche de nous. L'Empcreur ne ,•roil pas que la g ranMtir d'un pa)S Mpentk de l'affaiblissement des peuples <1111l'rnlonre~ cl ne ,·oil de .,,,ritable équilibre que dans les vœux satisfaits des nations de n:uropc . » Quel malheur que cc manifeste n'ait point paru plus lùl, (_luelma lheur surtout qu'il u'ail pas élé, dès l'origine ùe la crise, la ri•glc ùc l'at'lion de la France, L'historien allemand S) bel, commentant la circulaire La \nielle,~· ,oil la base d'une alliance amicale ,•nlrc la France cl l'Allemagne . • C'élail, dit-il, la répudiation la plus formelle de _la politique lrad ilionnelle de la France, de la politique de Mazarin cl de Louis XI\', de la ; ioliliquc de la suprématie de la France sur l'Europe enliére. Si n:mpereur avait eu ln force el le courage d'appliquer avec suite les principes ainsi proclamés, il n'y aurait eu aucun obstacle de fail à l'alliance franco-allemande souhait(oe par lui; il ,·ut été impossible au duc de Gramont el à ses amis 1J'eoflammer ln guerre de lt>ï0; ks deux grandes nations ne seraient poinl en face l'une de 1'0111 rc armées jusqu'aux dents, et L\lsacc allemande serait encore aujourd'hui fra n~aise. Car il est toul-à-fail vain el odieux jusqu'au ridicule de supposer qu'en celle année 1866 Bismarrl,, ail songé à entamer les fronli~res fran~aiscs. Il eut été content si :-/apoléon s'était conformé aux termes de sa circuhiro; si, comme la Hussie el l'Anglclcrre, il avait laissé s·accomplir sans ingérenœ égo-.slc, !un ité de L\.llemag-ne el de l'Italie. Thiers aurait dit sans <Ioule que c'était là u ne politique cosmopolite el non point frantaise, C'eut été, en vérité, le souci <i,·s, rois inlérNs de la France, de cou, qu'elle a en commun avec Ioule l'Euro pe, el qui ,e seraient épanouis plus largement par l'épanouissement des peuple , voisins. Ce n'est pas le caraclère cosmopolite de la politiq•,e de Napoléon <1uia nui à la France, c'est l'inconséquence qui a sans cesse faussé les pensé,· s propres de \apoléon par un retour aux ,·ieiUes lra,lilions françaises ... • Oui, la paix aurnil pu ôlre maintenue el le choc formidable des d,•u x nations aurait t.Hé prévenu, mais à deux conditions: La première c'était quP 11• :.{ouvernemenl de l'Empire prll désormais au sfricux, absolumenl, défi1 11tiw1111•nl les princi1•es el la politique de la circulaire, el c1uele pays loul enlu·r lt•, ,·,,mpril cl les approuvi\l. Etait-ce donc impossible'? cl c,•t effort de raisou di·pa~sait-il les facultés de la nation? Il n'était pas permis st'i-ieuscmenl de s11 111,111·1t•r pour la stlrelé de la France de la croissance de la Prusse el <Jela con.,1it11tivnde l'Allemagne. La circulaire clic-même le marquait avec précision t'I a,,•1• fort'e. cc l ne Europe plus fortement consltluéc, r~·nJuc plus homo~l•11••p 1r dt•s divisions tcrrilorinlcs plus pr~cises, rsl unt• garanti<' pou1· lapai, ,lu 1· linr11l1 et n'est ni un péril, ni un dommage pour noire ualion. Cell(•-c1. un•,· 1 \ -,érir, comptera hienl0l plus de 40 millions d'hnbitanl•. l'Allemagnt• 3ï 1110hou . do nt 29 dans la Confédération du Nord el 8 dans la Confédération ,lu ,.,,,.1: \ulri• che a6; l'Italie 26; l'Espagne 18; qu'y-a-1-il ,tonc <lnns celle ,h,,n l,11t ,, d,•s ro«es européenne, qui puiue nous inqui~ler ·/ •

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